C’est peut-être le bout du tunnel pour les victimes du massacre du 28 septembre 2009, à travers l’annonce de leur prochaine indemnisation. Selon un décret rendu public, ce mercredi, au JT de la RTG, l’intégralité des frais d’indemnisation de ces victimes sera désormais couverte par le Budget national.
Ce geste, selon ce décret du président Mamadi Doumbouya, consiste à réparer les préjudices physiques et moraux infligés aux victimes.
Une décision du chef de l’exécutif guinéen accueillie diversement par les citoyens. Nous avons tendu le micro à quelques-uns qui ont réagi à cette mesure longtemps attendue par les centaines de victimes concernées.
Ahmed Sékou Somparé, jeune leader résident à Dixinn-Centre 2, ne mâche pas ses mots. Très déçu de l’exécutif guinéen, il ne croit pas qu’il y ait une volonté de rendre justice. « C’est un faux débat, c’est du populisme. Ils veulent plaire tout simplement. Eux, ils ont fait combien de victimes depuis qu’ils sont arrivés au pouvoir le 5 septembre 2021, jusqu’aux événements tragiques du Stade de N’Zérékoré. Des gens disparaissent. Ils arrêtent les gens n’importe comment. Et ils veulent jouer aux héros. Vous ne pouvez pas indemniser des victimes, alors que vous-mêmes vous faites des victimes tout le temps. Tu ne peux pas être à la fois bourreau et justicier… », dénonce Sékou Somparé.
S’il salue l’initiative présidentielle, Lansana Camara, électricien, sait qu’aucun lot de consolation ne pourrait rendre aux victimes ce qu’ils ont perdu le 28 Septembre 2009.
« C’est bien, même si aucune somme d’argent ne peut effacer ce que les victimes ont subi dans ce Stade du 28 Septembre. C’est très grave ce qui s’est passé. Des gens ont été brisés pour le reste de leur vie, d’autres ne sont plus les mêmes, les séquelles sont encore-là, et les plaies très vives. Mais, j’espère tout de même que ça va les consoler », confie-t-il.
« Ça c’est la justice des hommes, mais il y a celle de Dieu. Aucune somme d’argent ne peut réparer les brimades subies par les victimes. Ils peuvent indemniser, ce n’est pas mal », dira Mamadou Saliou Diallo, agent à la Croix Rouge guinéenne.
D’autres décisions prises par les autorités attendent toujours d’être appliquées. Ce qui emmène des citoyens comme Mohamed Sylla à ne pas croire en cette nouvelle décision.
« C’est un faux débat. Ils ne donneront cet argent à personne, ils ne feront rien. C’est juste pour calmer les tensions. Ils ont parlé ici de gratuité de la carte d’identité nationale, on connaît la suite », fulmine ce marchand d’habits à Madina Bordeaux.
Mohamed Béné Barry