L’organisation des élections en Guinée en 2025 suscite des interrogations et des doutes au sein de la classe politique. Si le président Mamadi Doumbouya a récemment fixé la date du référendum constitutionnel au 21 septembre prochain, certaines acteurs politiques restent sceptiques quant à la tenue de toutes les élections en cette année 2025. Une année qui a été présentée par le président de la transition comme « année électorale », sans pour autant garantir lors de son adresse à la Nation, le 31 décembre 2024, que toutes les élections auraient lieu.
Parmi les voix discordantes, celle de Pépé Francis Haba, président du parti Union guinéenne pour le développement et la démocratie (UGDD).
Dans une interview accordée au site d’information allureinfo.net, ce mercredi 2 avril 2025, il a exprimé son pessimisme sur la capacité des autorités à tenir l’ensemble des échéances électorales en 2025.
Selon Pépé Francis Haba, bien que le gouvernement manifeste une volonté claire de conduire le pays vers des élections, plusieurs préalables doivent être réglés avant toute consultation populaire. Et de citer l’obstacle lié au fichier électoral, un outil essentiel dont la mise à jour s’avère complexe.
« Je suis pessimiste quant à la tenue de toutes les élections en 2025. Il reste beaucoup de travail à faire. Après l’enrôlement de tous les citoyens, il faudra vérifier et consolider le fichier électoral. De plus, il est nécessaire de fixer une nouvelle période d’enrôlement pour les Guinéens qui n’ont pas encore été recensés », a-t-il expliqué.
M. Haba pose également la question du vote des guinéens de l’étranger, pointant l’absence de préparatifs visibles à cet effet.
« Est-ce que l’enrôlement des Guinéens de la diaspora a commencé ? Est-ce qu’ils pourront voter dans leurs pays de résidence ? Ces questions restent en suspens ».
Outre les problèmes logistiques et techniques, le président de l’UGDD insiste sur des préalables institutionnels qui, selon lui, doivent être résolus avant d’envisager la tenue d’élections transparentes et crédibles.
Parmi ces préalables, figurent l’adoption d’une nouvelle constitution, la révision du code électoral et la mise en place de l’Organe de gestion des élections (OGE).
« Il est primordial que la nouvelle constitution soit déjà en place, que les règles du jeu électoral soient claires et que la commission électorale soit restructurée pour garantir son impartialité. Tant que ces conditions ne seront pas remplies, la crédibilité du processus électoral restera en question », prévient le président de l’UGDD.
Aboubacar Sidiki Camara