Dans un entretien accordé à allureinfo.net, le coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG a confirmé l’authenticité du mémorandum proposé par 14 secrétaires fédéraux de la Haute Guinée et de la Guinée forestière du parti dirigé par Cellou Dalein Diallo. Dans ce mémorandum, qui s’étend sur plusieurs pages, trois propositions majeures sont consignées, dont l’organisation d’un congrès avant toute autre sanction du MATD.
Mais avant, Joachim Baba Millimouno nous explique la genèse du document qu’il a transmis au président de l’UGDG:
« Effectivement, les 14 fédéraux se sont retrouvés pour discuter de la vie du parti, de son avenir, au regard des préoccupations de nombreux militants. Vous savez, après l’évaluation des partis politiques, le MATD nous a mis sous observation et nous a donné un moratoire de 45 jours pour organiser le congrès, en considérant que les organes dirigeants du parti à ce jour sont sans mandat, leurs mandats ayant expirés. Ensuite, le tribunal de première instance de Dixinn a suspendu le processus d’organisation du congrès du parti. Alors, dans cette situation de confusion totale, les militants sont désorientés. Les responsables, y compris la direction nationale, ont discuté à plusieurs reprises, mais il n’y a pas de solution. Je vous le dis, il n’y a pas de solution. On discute, on se querelle, on se divise, mais il n’y a pas de solution. Ce n’est pas qu’il n’y a pas de solution, mais nous n’arrivons pas à trouver la panacée pour sortir de cette impasse », a-t-il révélé. Avant de poursuivre: « Je ne joue pas au jeu des hypocrites, ni à celui des détracteurs internes du parti. Donc, dans cette situation de flou, ces fédéraux ont décidé de se retrouver pour se poser des questions. Ils ont estimé que j’étais une personne bien placée, peut-être pas la meilleure, mais suffisamment outillée pour répondre à leurs interrogations. Je suis le coordinateur de la communication du parti. Ils m’ont invité à prendre part à cette réunion, ce que j’ai fait. Et, Dieu merci, ma participation a permis d’élucider beaucoup de zones d’ombre. Cela a dissipé leurs doutes et leurs inquiétudes. Ils ont alors formulé des propositions, des solutions, à l’intention du président du parti, afin de l’aider à prendre une décision », poursuit M. Millimouno.
Ainsi, ce mémorandum… Qu’est-ce que c’est ?, sest-il interrogé. Et d’expliquer: « Un mémorandum est un outil de communication, un outil de dialogue. Ce n’est ni un communiqué public, ni une pétition, ni une lettre ouverte, ni une déclaration. C’est un mémorandum adressé à M. le Président du parti. Je suis rentré avec le document, je l’ai déposé au secrétariat pour enregistrement. J’ai appelé le secrétaire permanent, M. Koubia, qui n’était pas au bureau. Je lui ai demandé de me tenir informé dès son retour, car je portais un document adressé au président et je ne voulais pas que quelqu’un d’autre le reçoive. Lorsqu’il est arrivé, il m’a informé de sa présence et j’ai donc fait enregistrer le document, comme cela se fait. Une fois scanné, je l’ai envoyé au président, qui en a accusé réception », a-t-il relaté.
Sans ambages donc, Joachim Baba Millimouno confirme avoir participé à la réunion qui a abouti à la rédaction de ce mémorandum adressé à Cellou Dalein Diallo. Dans ce document, il est aussi demandé au président en exil de réintégrer les cadres exclus, notamment Ousmane Gaoual Diallo. D’ailleurs, pour sortir de la crise, il conseille à son patron de suivre l’exemple de Bah Mamadou, c’est-à-dire se retirer de la présidence du parti et choisir son successeur, car il est temps, dit-il.
« Aujourd’hui, je conseille au Président d’envisager une transition au sein du parti. Qu’il fasse comme Bah Mamadou l’a fait. Bah Mamadou a désigné son successeur. Il l’a amené dans le parti, et l’a fait accepter. Il peut aujourd’hui désigner qui il veut. Il peut nous le proposer avec des arguments, et il ne manquera pas de trouver des arguments. Nous l’aiderons à faire accepter ce choix. En tant que Président d’honneur, il continuera d’exercer son influence sur le parti », croit savoir Joachim Baba Millimouno.
Et de sonner la charge: « Mais le mémorandum est aussi clair. Écoutez, Cellou Dalein n’est pas un dieu. Je suis désolé. C’est un humain qui a des forces et des faiblesses. Chacun a ses qualités et ses défauts. Alors, ce qui est désolant, c’est de constater que pour beaucoup, c’est un homme parfait qui n’a aucun défaut. Il ne faut pas le critiquer. Il ne faut pas estimer qu’il a eu tort. Mais il peut avoir tort. Et dans ce cas précis, je ne dis pas qu’il a tort. Mais nous avons estimé qu’il faut l’aider à voir plus clair. La politique n’est pas statique, elle est dynamique. Les fédéraux signataires de ce mémorandum, dans le souci de conserver les acquis et d’éviter certaines sanctions, ont jugé nécessaire de lui conseiller une démarche », a-t-il dégainé. Et de poursuivre ses explications en ces termes: « Ce mémorandum propose trois solutions. Nous n’avons pas dit : « Il n’est plus nécessaire de vous, » ni insulté quelqu’un. Nous n’avons pas dit qu’il faut tout remplacer. Le congrès est une obligation. Il doit avoir lieu. Mais ce congrès ne pourra se tenir que si nous avons une situation claire avec la justice. Or, la justice, aujourd’hui, je ne sais pas si elle prend des mesures en faveur de M. Ousmane Gaoual, car il est membre du gouvernement. Tout porte à croire que c’est cela. Mais que cela soit ou non le cas, l’essentiel est de s’entendre. En réintégrant les exclus, le parti enverra l’image d’un parti ouvert au dialogue, un parti qui accepte la contradiction. »,a conclu le directeur de la communication de l’UFDG.
Amadou Diallo