L’ancien Secrétaire général adjoint de la Feguifoot et consultant sportif, Boubacar Barry, porte toujours un regard sur la vie courante de la Fédération guinéenne de football. Dans une tribune, il a interpelé les acteurs du football guinéen sur la crise profonde qui secoue l’instance en pointant du doigt l’interprétation litigieuse de l’article 36 alinéa 8 des statuts fédéraux et les défaillances administratives internes.
Au cœur du débat : l’article 36, alinéa 8 des statuts de la FGF, qui prévoit que « si un poste ou jusqu’à 50 % des postes au sein du Comité exécutif deviennent vacants, le Comité Exécutif repourvoit le où les postes jusqu’à l’Assemblée Générale ordinaire suivante ». Un article devenu, selon Boubacar Barry, un véritable « croc-en-jambe », source de division entre les partisans du secrétaire général et ceux des commissions électorales.
« La confusion est totale, les juristes se chamaillent, les textes sont mal interprétés, et chacun tire la couverture à soi », déplore le consultant, qui appelle à une prise de conscience collective : « Alors réveillons-nous, ce pendant qu’il est temps.
Au-delà de la querelle statutaire, Boubacar Barry dénonce une crise plus structurelle : l’absence d’un management moderne à la tête de la Fédération. Selon lui, la Feguifoot reste enfermée dans une logique de recyclage de cadres inadaptés aux exigences actuelles de l’administration sportive.
Il plaide pour un renouveau : « Il est temps de tourner le dos aux nominations par affinité et de privilégier les compétences avérées. Le monde évolue, la gestion administrative aussi. » L’ancien modèle associatif, simplifié, ne suffit plus. Il faut, selon lui, adopter une approche inspirée des standards internationaux, basée sur la gestion axée sur les résultats (GAR) et des principes SMART.
Boubacar Barry n’hésite pas à désigner ce qu’il estime être la véritable faille du système : le manque d’un administrateur compétent à la tête du Secrétariat Général. « Notre Fédération ne souffre pas d’un vide juridique, mais d’un vide managérial. » Il en appelle à un recrutement par appel d’offres, basé sur des critères de compétence, d’expérience et de rigueur.
Il fustige également l’attitude de certains responsables, partagés entre « cœur et raison » dans leur gestion : « Ce n’est pas seulement un manquement, c’est une insulte aux membres statutaires et à la nation », affirme-t-il.
La mauvaise gestion aurait déjà des conséquences sportives concrètes, rappelle-t-il : élimination des cadets à la CAN, risque d’échec pour les qualifications au Mondial. Boubacar Barry déplore que l’on attende la crise pour agir, au lieu de prévenir : « C’est de la forfaiture, un grave manquement à l’éthique administrative. »
Alors que l’Assemblée Générale ordinaire est prévue le 8 mai prochain, le consultant se montre pessimiste : « Quel que soit le résultat de cette AG, le problème restera entier tant que la question du Secrétariat général ne sera pas résolue en profondeur. »
Pour terminer, il cite un proverbe africain : « Ne regarde pas seulement où tu es tombé, mais là où tu as trébuché. » Un appel clair à une réforme profonde de la gouvernance de la Feguifoot.
Mohamed Béné Barry














