Suite à l’interpellation musclée de l’avocat, Me Mohamed Traoré dans la nuit de vendredi 20 juin à samedi 21 juin 2025, les réactions se multiplient. Parmi les premières voix à s’élever, l’on note celle de Ibrahima Balaya Diallo, porte-parole du Forum des forces sociales de Guinée.
Joint au téléphone par notre rédaction ce samedi 21 juin 2025, Balaya déclare que cette arrestation s’inscrit dans une série d’actes destinés à instaurer un climat de terreur, visant principalement ceux qui osent exprimer une opinion critique sur la gouvernance du pays.
« C’est du bis repetita, » déclare-t-il, rappelant un précédent : l’enlèvement d’Abdoul Sacko, également membre du Forum. « On l’a vu il y a quelques mois avec nos membres. Aujourd’hui encore, on veut faire taire les voix discordantes en agissant avec brutalité. »
Ibrahima Balaya Diallo s’indigne particulièrement contre les conditions de l’arrestation de Me Traoré quu a été arraché de force à son domicile, sous les yeux de ses enfants. « Regardez toutes ces séquelles que cette situation va laisser dans l’esprit de ses enfants. C’est une violence psychologique inacceptable. Ce n’est pas ainsi qu’on gouverne un pays, » s’indigne-t-il.
Selon lui, cette manière d’agir n’a rien de légitime et risque de renforcer les tensions sociales. « Même Dieu, qui nous a créés, ne fait pas l’unanimité. Pourquoi le CNRD s’imaginerait-il pouvoir étouffer toute voix critique sans opposition ? », s’interroge-t-il.
Pour Balaya, il est clair que la gouvernance par la peur est une impasse. Il met en garde contre les dérives autoritaires et appelle à un sursaut démocratique. « Exacerber les frustrations et les sentiments d’injustice ne mène qu’à l’instabilité. Ce pays a besoin d’écoute, de dialogue, pas d’enlèvements nocturnes. »
Les autorités guinéennes, notamment celles en charge de la sécurité, n’ont pas d’abord réagi à cet enlèvement.
Aboubacar Sidiki Camara














