Kidnappé dans la nuit du samedi 21 juin 2025 à son domicile par des hommes cagoulés et lourdement armés, brutalisé et torturé avant d’être retrouvé à Bangouya, Maître Mohamed Traoré, avocat au barreau de Guinée, est enfin sain et sauf. Moins de 72 heures après ce drame, l’avocat a livré un message poignant sur sa page Facebook, remerciant ceux qui l’ont soutenu et partageant ses réflexions sur cette épreuve.
« Je voudrais vous remercier très sincèrement, en mon nom et au nom de ma famille, pour vos très nombreux témoignages de compassion à travers vos visites à mon domicile, les appels téléphoniques et autres », a déclaré Maître Traoré.
Il a souligné que, malgré les sévices subis, il recouvre peu à peu sa santé grâce aux soins médicaux et au soutien moral de ses proches. Il confie avoir pris conscience que lui et sa famille ne sont pas seuls dans cette épreuve.
Dans un élan de foi et de lucidité, Maître Traoré estime avoir eu la vie sauve par la grâce divine : « Je peux m’estimer heureux car j’aurais pu connaître un sort bien plus triste au regard de ce qui est arrivé à d’autres compatriotes. » Il affirme sa conviction : « Rien ne nous atteindra sauf ce qu’Allah a prescrit pour nous. Il est notre Maître. C’est en Allah que les croyants mettent leur confiance. Il n’y a de force et de puissance qu’en Allah ».
L’avocat revient également sur les raisons possibles de cet acte ignoble. Conscient d’être « dans la ligne de mire » de certains en raison de ses prises de position sur la gestion des affaires publiques, il déplore que s’exprimer en tant que citoyen, soit perçu comme un crime. Tout en reconnaissant que ses proches avaient raison de l’appeler à la prudence, il confie : « Le destin n’appartient qu’à Dieu».
Touché par la douleur infligée à ses enfants et particulièrement à sa fille aînée giflée par l’un des ravisseurs, Maître Traoré annonce vouloir marquer une pause : « Je les mets en danger sans qu’ils n’aient eux-mêmes cherché cela… Ils ne devraient pas en subir les conséquences ». Il rend un vibrant hommage à son épouse, saluant son courage et sa sérénité durant les instants de terreur : « Elle a même eu le temps de faire deux rakats pour implorer la protection divine, car en ce moment, seul Dieu pouvait nous protéger».
Mohamed Béné Barry














