La communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) vient d’élire le Président de la République de la Siera- Leone pour présider aux destinées de cette institution sous-régionale. A cette occasion, le président du PEDN lui-même ancien Secrétaire exécutif de la CEDEAO, s’est prononcé sur les défis que doit relever Julius Maada Bio .
Lansana Kouyaté rappelle que la CEDEAO s’est détournée des objectifs qu’elle s’est fixée dès sa création en 1975.
« Elle s’est voulue une organisation tournée vers la solidarité, l’intégration socioéconomique et la stabilité politique. Mais l’évolution des défis régionaux a rapidement démontré les limites d’un secrétariat à structure légère, principalement exécutif, et sans réelle autonomie stratégique. La Commission, fruit de cette réforme, devait incarner une CEDEAO plus forte et mieux outillée pour affronter les exigences croissantes de l’intégration régionale.»
Cette mutation « a permis de renforcer la visibilité institutionnelle, de structurer les politiques régionales et de mieux coordonner nos réponses face aux crises. Mais la transformation reste inachevée », affirme l’ancien Premier ministre.
La CEDEAO essuie des critiques virulentes de la part de plusieurs observateurs qui pensent que l’organisation n’incarne pas aujourd’hui la voix des peuples. Une analyse partagée par le président du parti de l’espoir et du développement national qui fait des propositions.
« La CEDEAO doit recentrer ses priorités sur l’intégration économique et le développement inclusif, en s’investissant davantage dans des programmes concrets, notamment en faveur de la jeunesse et de l’entrepreneuriat, pour que les citoyens ressentent les bénéfices réels de l’intégration régionale. Si nous voulons éviter l’écueil rencontré par l’Union européenne, où le sentiment de perte de souveraineté a conduit à des résistances populaires, nous devons bâtir une CEDEAO de proximité, une CEDEAO qui rassure, qui valorise, qui inclut », conseille l’ancien diplomate.
Lansana Kouyate attire également l’attention des dirigeants de l’organisation sur ce qu’il considère comme dérive de la CEDEAO, perçue comme essentiellement politique, au détriment de sa vocation économique originelle.
Décryptage Amadou Oury Barry














