À Lambanyi, le même scénario se répète inlassablement à chaque saison des pluies depuis 2020. La ruelle attenante au centre commercial du quartier est systématiquement inondée, transformant les lieux en une véritable zone sinistrée. Quelques minutes de pluie suffisent pour paralyser la circulation et rendre les activités commerciales quasi impossibles.

Ce jeudi 26 juin, comme lors du précédent orage du lundi dernier, la situation s’est de nouveau imposée. Souleymane Barry, commerçant de vêtements, a dû fermer sa boutique en urgence. Trempé, un seau et un balai-serpillière à la main, le trentenaire, la voix tremblante, confie son désarroi : « Je suis fatigué, monsieur. On souffre trop ici. Chaque année, c’est la même chose. Pourtant, on voit des ingénieurs, des machines… Mais dès que la pluie commence, on doit fermer, car personne ne vient. C’est une grosse perte, et à la fin du mois, je dois quand même payer le loyer. Regardez par vous-même ».
Non loin de là, dans un petit restaurant, Mariame Kourouma ne cache plus sa colère. Sa cuisine est totalement inondée, rendant la préparation des plats impossible. Excédée, elle lâche : « L’année prochaine, j’irai ailleurs, sinon c’est le désespoir total. On encaisse trop ici et il n’y a jamais de solution durable ! Pas de caniveaux, rien du tout ! Et c’est nous qui payons les conséquences, chaque fois. »

Cette ruelle, autrefois praticable, est aujourd’hui criblée de nids-de-poule. Les caniveaux, censés drainer les eaux de ruissellement pendant la saison hivernale, sont complètement bouchés. Pourtant, elle demeure un axe important, reliant le cœur de Lambanyi à Enco 5, avec un passage constant de piétons, motos-taxis et véhicules.
Amadou Diallo














