À quelques jours du congrès extraordinaire de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), initialement prévu pour le dimanche 6 juillet 2025, mais ssuspendu par le ministère de l’Administration ddu Territoire et de la Décentralisation (MATD), les surprises voient le jour. Malgré ce coup d’arrêt, un nom suscite curiosité et débats au sein du parti : celui de Naïmi Ibrahima Diallo. Peu connu du grand public en Guinée, ce jeune cadre belgo-guinéen, Ingénieur industriel de formation, a officiellement déposé sa candidature à la présidence de l’UFDG. Depuis Bruxelles, il entend incarner le renouveau d’un parti en quête d’unité et de perspectives nouvelles. Il a accordé un entretien exclusif à notre rédaction.
Entretien avec Naïmi Ibrahima Diallo. Lisez:
Allureinfo.net: pour commencer, s’il vous plait, présentez-vous brièvement.
Naïmi Ibrahima Diallo: Je suis Naïmi Ibrahima Diallo, membre du Bureau Exécutif National de l’UFDG. Je suis Ingénieur industriel, spécialisé dans la maintenance des pipelines de gaz et de pétrole que ce soit au niveau des puits de production, des lignes de transmission, des raffineries ou jusqu’aux ports de chargement.
Actuellement, j’évolue dans le secteur minier. Je suis chef de projet belge sur l’un des plus grands projets miniers au monde, dont les activités se déroulent en grande partie en Guinée.
Je suis marié et père de 6 enfants. Originaire de Ninguélandé, dans la préfecture de Pita, je parle le français, l’anglais et maîtrise bien le néerlandais. Ayant grandi au Sénégal, je m’exprime aussi en wolof et je parle couramment le poular.
Je suis avide d’apprentissage. J’aime explorer de nouveaux horizons. À ce titre, je considère qu’il est de mon devoir d’apprendre le soussou, le maninka, voire une langue de la région forestière, si je veux être compris et accepté par toutes et tous (rire).

Depuis Bruxelles, comment comptez-vous convaincre la base électorale de l’UFDG et concurrencer efficacement un leader aussi enraciné que Cellou Dalein Diallo ?
Nous faisons tous partie de la grande famille de l’UFDG. J’aime rappeler que nous sommes les jeunes tous issus des graines semées par les baobabs que furent nos illustres prédécesseurs.
Je suis actif dans toutes les activités de l’UFDG ici en Europe, arborant fièrement les couleurs de l’un des plus grands partis de Guinée, sinon le parti-mère. Alors, même si je suis moins connu en Guinée, je ne suis pas un inconnu dans la famille. Je suis un produit de cette pépinière.
J’invite nos militants à regarder autour d’eux : je suis l’un des leurs, même si cela en surprend certains. Le temps du changement est venu, et je vous demande de me faire confiance.
Nous partageons le même électorat. Je vais descendre dans l’arène avec mon équipe, aller à la rencontre de la base, convaincre les militants de faire un choix réfléchi et tourné vers l’avenir. Je suis là pour conquérir le pouvoir avec eux, pour eux.
Je tends la main à toutes et tous : rejoignez-moi dans cette ambition de diriger l’UFDG, puis, ensemble, celle de diriger la République.
Votre candidature se veut porteuse d’un message d’« apaisement » et de « compétition saine » : estimez-vous que le climat actuel au sein du parti ne répond pas à ces principes ?
La famille a besoin d’être réunifiée autour de ses valeurs fondamentales. Les tensions sont bien réelles, même si elles restent parfois feutrées. Je souhaite jouer le rôle de ciment entre les différentes composantes du parti.
Nos différences d’approches et d’opinions sont une richesse. Mais elles doivent s’exprimer dans un cadre sain et respectueux, propice à l’épanouissement de chacun.
Je veux que tout le monde revienne sous l’ombre protectrice du baobab. Comme on le dit souvent en Belgique : « Le linge sale se lave en famille. » Il faut savoir se retrouver, dialoguer, se respecter – surtout ceux qui ont bâti ce parti avant nous.
Mais il faut aussi se tourner vers l’avenir. Une nouvelle génération émerge, avec des attentes fortes. Il faut l’écouter, l’accompagner. Appliquer les mêmes méthodes aux nouvelles réalités ne suffit plus : soit on s’adapte, soit on disparaît. La Guinée est en pleine mutation. Plutôt que de freiner cette transformation, accueillons-la comme une nouvelle norme à intégrer.

Quels sont, selon vous, les principaux axes de rupture ou de continuité entre votre vision politique et celle de Cellou Dalein Diallo ?
Je souhaite mettre davantage la patrie en avant, et un peu moins le parti.
Je veux être un rassembleur, à l’écoute de celles et ceux qui ont peut-être perdu confiance. Pour cela, il faudra créer les conditions d’un pardon sincère, d’un dialogue vrai. Cela passe par l’éducation civique et la sensibilisation.
Je ne veux pas être une icône. Les icônes finissent souvent par prendre la poussière. Je veux être un homme simple, en mouvement, à l’écoute des idées nouvelles et des expériences constructives.

Si vous êtes élu à la tête de l’UFDG, quelle sera votre première décision concrète pour réformer ou relancer le parti ?
La première chose sera de réunifier la famille.
Une famille divisée ne permet ni la créativité ni l’épanouissement. L’UFDG est riche de femmes et d’hommes talentueux et innovants. Si je suis élu, je veux libérer cette énergie créative, permettre à chacun de contribuer à la reconstruction du parti, et surtout à la cicatrisation des blessures du passé.
Et surtout plus de patrie, moins de parti.
Interview réalisée par Amadou Diallo














