La première Ă©dition des JournĂ©es de la planification et de la coopĂ©ration internationale, organisĂ©e Ă Conakry, a Ă©tĂ© le théâtre d’un vif Ă©change de visions gĂ©opolitiques, marquĂ© par une sortie très critique de l’ancien ministre français des Affaires Ă©trangères, Hubert VĂ©drine, contre l’actuel prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump. Une intervention qui a conduit Ă une mise au point ferme du gouvernement guinĂ©en.
Prenant la parole en ouverture du forum, Hubert Védrine a livré une analyse sans concession de l’empreinte historique et politique des États-Unis, en ciblant particulièrement le trumpisme, qu’il considère comme une continuité violente et unilatérale de l’impérialisme américain.
« Trump admire les présidents du XIXe siècle qui ont bâti l’Amérique par la guerre, la domination et l’expansion territoriale », a affirmé Védrine, citant Jackson, McKinley ou Roosevelt comme références assumées par le président républicain.
L’ancien chef de la diplomatie française a dénoncé la vision du monde de Trump, qu’il qualifie de « parasitephobe », en référence à sa perception des alliés comme des profiteurs. Il a également critiqué la suppression de l’aide américaine au développement via l’USAID et l’abandon du soutien fédéral à la transition écologique, y voyant des décisions « criminelles » à l’impact humanitaire majeur. Selon lui, même si Trump devait perdre les élections de 2026, le trumpisme, sous une forme rationalisée, perdurera.
Mais cette prise de position très tranchée n’a pas manqué de susciter une réaction officielle du pays hôte. Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, présent dans la salle, a tenu à clarifier la position de son gouvernement, recadrant l’intervention de Védrine.
« La Guinée n’a pas organisé une tribune anti-Trump ici », a-t-il déclaré, insistant sur la neutralité active de son pays sur la scène internationale.
Évoquant les souffrances de la Guinée post-coloniale et la solidarité internationale reçue dans les moments les plus difficiles, le ministre a rappelé que la Guinée ne peut se permettre ni ingratitude, ni instrumentalisation politique.
« La Guinée est pro-guinéenne, pro-africaine. Tous les pays sont les bienvenus ici, dans le respect et la paix. »
Par ce rappel, la diplomatie guinéenne a voulu réaffirmer l’esprit de coopération et de souveraineté qui anime le forum, analyser le passé, mais surtout envisager ensemble l’avenir, dans un cadre respectueux de toutes les nations.
Aboubacar Sidiki Camara














