Le pays fait un pas vers la création d’un pôle scientifique régional avec le lancement officiel des travaux de finalisation du projet de l’Institut Ouest-Africain de Mathématiques (IOAM). Une initiative, pilotée par le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de l’Innovation: « Nous ne pouvons pas bâtir l’avenir avec un déficit aussi criant de compétences scientifiques », a avertit ministre Alpha Bacar Barry lors de l’ouverture de l’atelier national de validation du projet IOAM ce mardi 1er juillet.

Son constat est sans appel. Moins de 5 docteurs en mathématiques sont actuellement en poste dans l’ensemble du système universitaire guinéen. Un chiffre alarmant, doublé d’un faible taux de réussite au concours préparatoire à l’agrégation.
Face à cette urgence, l’IOAM est pensé comme un institut d’excellence, ancré en Guinée mais à vocation régionale, pour former une nouvelle génération de mathématiciens, ingénieurs, statisticiens et chercheurs dans des domaines de pointe comme l’intelligence artificielle, l’agriculture de précision, la santé publique, la finance ou encore l’ingénierie numérique.
L’institut ambitionne de proposer des formations de niveau Licence, Master et Doctorat, tout en intégrant un centre de mise à niveau pour les enseignants du secondaire et un centre de préparation à l’agrégation: « Le rôle des mathématiques est transversal. C’est une clé de lecture du monde, une passerelle entre la théorie et l’innovation », a souligné le Pr Aboubakary Diakhaby, expert du projet et professeur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Le ministre Alpha Bacar Barry a également insisté sur l’importance de réduire la dépendance à l’égard des institutions étrangères: « Chaque année, des étudiants guinéens partent pour l’Institut national de statistique d’Abidjan. Il est temps de construire ici nos propres centres d’excellence, capables de répondre à nos besoins et d’attirer des talents venus d’ailleurs. »
Si les travaux en cours aboutissent dans les délais, les premières cohortes pourraient être accueillies dès octobre 2025. Le gouvernement affirme sa volonté de démarrer avec les moyens existants, tout en ouvrant la voie à des partenariats futurs avec des bailleurs comme la Banque mondiale ou l’AFD: « Nous ne voulons pas attendre les financements pour agir. Nous bâtissons, et ceux qui croient en notre ambition nous rejoindront », a tranché le ministre Alpha Bacar Barry.
Décryptage: Amadou Diallo














