Le 9 juillet prochain fera un an, jour pour jour que disparaissaient Oumar Sylla, alias Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah. Depuis, aucune information fiable n’a été rendue publique. De passage sur le plateau de TV5 Monde, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, a été interpellé sur ce sujet, ainsi que sur la situation des droits de l’homme en Guinée.
À la question de savoir pourquoi un tel silence entoure toujours ces disparitions, le ministre réagit: « Il n’y a pas de silence. Il appartient à l’exécutif, au Président de la République et à son gouvernement de mobiliser les moyens nécessaires pour mettre à la disposition de l’appareil judiciaire. Mais une fois que celle-ci a déclenché une enquête, il ne nous est pas possible aussi de continuer quotidiennement, en tant qu’exécutif, de commenter le processus judiciaire qui est en cours. Ce qui est clair, c’est que le Premier ministre l’a dit clairement, ces actes ne visent pas que des individus, ils visent la stabilité de notre pays. Et cela a été condamné de la meilleure manière par toutes les autorités. Et le Président et le ministre de la Justice, immédiatement après avoir obtenu la dernière information, ont instruit et les enquêtes ont été ouvertes. Dès l’instant que les enquêtes sont ouvertes, nous espérons que les coupables, les commanditaires, seront arrêtés à un moment ou à un autre pour qu’ils soient traduits devant la juridiction. »
Face à l’insistance de la journaliste de TV5 Monde, qui rappelle que 4 personnes, dont un journaliste, ont été enlevées et que les témoignages évoquent des hommes en uniforme, Ousmane Gaoual Diallo se montre sceptique: « Au fait, il y a bien des enlèvements qui se passent. Pendant ce temps, ceux qui essayent de communiquer sur ça, notamment des activistes de la société civile ou certains acteurs politiques, leur communication, les narrations qu’ils font, cherchent à jeter le discrédit aussi en même temps sur les institutions pour régler d’autres comptes. C’est bien beau de dire oui, des gens ont été enlevés, mais de là à faire des descriptifs qui renvoient quasiment à des institutions, cela n’est pas correct. »
Pour couper court, le ministre Ousmane Gaoual Diallo invite les différentes familles à se tourner davantage vers la justice: « Le ministère de la Justice communique au mieux et les familles ont d’autres canaux d’information qui ne sont pas les médias. Ils savent parfaitement que les juges d’instruction sont là et ils peuvent avoir accès à tout moment au dossier concernant ces cas-là pour savoir où ils se trouvent. Je pense qu’ils ont la possibilité de le faire. Ils ont des avocats qui peuvent aussi les renseigner sur l’évolution de ces enquêtes. »
Décryptage: Amadou Diallo














