La lutte mondiale contre le VIH/SIDA vacille. Selon l’ONUSIDA, la réduction drastique de l’aide américaine pourrait entraîner jusqu’à 6,6 millions de nouvelles infections d’ici à 2029, et 4,2 millions de décès supplémentaires, relançant une pandémie que le monde espérait contenir.
L’alerte a été donnée le 1er juillet par Winnie Byanyima, directrice exécutive de l’ONUSIDA.
L’organisation onusienne pointe du doigt les conséquences directes des coupes budgétaires dans l’aide internationale, en particulier celle venue des États-Unis, jusqu’ici principaux contributeurs mondiaux à hauteur de 73 % des ressources internationales destinées à la lutte contre le sida: « Nous pourrions assister à un retour brutal de l’épidémie, alors que nous avions atteint un tournant décisif », a averti Mme Byanyima devant la presse.
En 2024, 630 000 personnes sont mortes du sida. Un chiffre déjà préoccupant, mais qui pourrait exploser d’ici 2029 si le financement international n’est pas sécurisé: « La crise est réelle. Elle est ressentie de Johannesburg à Jakarta, en passant par Port-au-Prince », a insisté la responsable onusienne.
L’ONUSIDA appelle les pays donateurs à ne pas rompre brutalement leur engagement, mais à opérer une transition responsable et progressive, sous peine de voir les efforts de deux décennies réduits à néant.
Le continent africain, où se concentre une large partie des cas de VIH/SIDA, serait particulièrement vulnérable à ce recul. Et au-delà du financement, Mme Byanyima interpelle sur les causes systémiques du déséquilibre: « L’évasion fiscale prive chaque année l’Afrique de 2,5 fois plus d’argent que ce qu’elle reçoit sous forme d’aide internationale. »
Face à ce constat, l’ONUSIDA plaide pour une refonte globale du financement du développement, justice fiscale, régulation de la dette, accès équitable aux traitements via une réforme du droit de la propriété intellectuelle, et investissements publics à long terme.
Décryptage: Amadou Diallo














