Le débat autour du projet de nouvelle constitution se poursuit. Les acteurs institutionnels s’expriment sur son contenu. Ce vendredi 4 juillet 2025, le directeur national adjoint de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales au ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation (MEPUA), Nafadji Sory Condé, a salué l’article 5 du texte proposé, qualifié de véritable « acte historique ».
Cet article consacre l’officialisation des langues nationales au même titre que le français, un tournant majeur selon le responsable du MEPUA.
« C’est un article avant-gardiste qui va permettre aux générations actuelles et futures de maîtriser la science, la technique et la technologie dans leurs langues maternelles. »
Pour Nafadji Sory Condé, l’un des grands freins au développement éducatif en Guinée réside dans l’absence d’un enseignement en langues locales. Il estime qu’un enfant ne peut pleinement développer son potentiel intellectuel que s’il apprend dans sa langue maternelle. Or, déplore-t-il, le système éducatif actuel ne tient pas compte de cette réalité, rendant le processus d’apprentissage ardu pour des milliers d’élèves.
L’article 5 va plus loin, il fait de l’enseignement des langues nationales, une obligation constitutionnelle, et impose à l’État de traduire les lois et textes officiels dans ces langues. Une mesure qui, selon Condé, permettra enfin de rapprocher le peuple de ses institutions.
« Le problème fondamental de notre pays, c’est que dirigeants et population vivent dans deux univers parallèles. Si les textes sont traduits, vulgarisés dans les langues nationales, la population comprendra mieux le fonctionnement de l’État, les lois, et pourra exiger la redevabilité. »
Mais la mise en œuvre ne sera pas sans défis. Une loi organique viendra spécifier les modalités d’application, quelles langues seront retenues, comment elles seront enseignées, et comment l’administration devra les intégrer. Il faudra aussi créer des structures adéquates: académies, services de traduction, supports pédagogiques et recruter ou former des enseignants spécialisés.
Malgré l’ampleur du chantier, Nafadji Sory Condé y voit une opportunité historique pour améliorer le taux d’alphabétisation, renforcer le lien entre les citoyens et l’État et valoriser l’identité culturelle guinéenne. Il appelle tous les acteurs promoteurs de langues nationales, intellectuels, leaders traditionnels à soutenir massivement le référendum prévu le 21 septembre 2025.
« C’est une Constitution qui nous ressemble et qui nous rassemble », conclut-il, en saluant le travail du Conseil national de la transition (CNT), de son président Dr Dansa Kourouma, ainsi que le Président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, pour avoir créé les conditions de cette avancée majeure.
Aboubacar Sidiki Camara.














