Le président de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), a livré jeudi 3 juillet 2025, sa lecture critique de plusieurs articles du projet de nouvelle constitution en Guinée. Pour Dr Édouard Zotomou Kpogomou, les enjeux ne résident pas tant dans les textes eux-mêmes que dans la qualité de ceux qui les appliquent et la rigueur des procédures démocratiques.
Réagissant à la proposition d’allonger le mandat présidentiel à 7 ans, renouvelable une seule fois, Dr Kpogomou estime que cette modification n’apporte pas de garanties de bonne gouvernance.
« Ce n’est pas la durée du mandat qui fait la différence, mais la consistance du projet de développement et la compétence de ceux qui le mettent en œuvre », soutient-il.
En prenant l’exemple de démocraties établies comme le Ghana ou les États-Unis, où les mandats sont plus courts, il souligne que l’efficacité d’un gouvernement ne se mesure pas au temps passé au pouvoir, mais à la capacité de produire des résultats concrets dans un cadre bien structuré.
« Un projet articulé sur des bases techniques solides peut porter ses fruits en 4 ou 5 ans », affirme-t-il.
Au-delà de la durée du mandat, c’est la question de l’immunité accordée aux anciens présidents, inscrite dans les articles 73 et 74 du projet de constitution, qui suscite également son inquiétude. Si l’intention d’apaisement et de réconciliation peut paraître louable, elle ne saurait, selon l’homme politique, se substituer à la vérité et à la justice.
« Une réconciliation sans établissement des faits véridiques, c’est un leurre », avertit-il.
Pour Dr Kpogomou, la procédure est aussi importante que l’objectif. Il considère qu’avant toute mesure de pardon ou de grâce, il est impératif de situer clairement les responsabilités.
« Gracier quelqu’un sans établir les faits, c’est comme distribuer des amnisties à la volée. Ce n’est ni juste ni efficace », s’offusque-t-il.
Il en appelle ainsi à une approche rigoureuse, fondée sur la transparence et la redevabilité, loin des arrangements politiques qui pourraient renforcer le sentiment d’impunité.
Aboubacar Sidiki Camara














