La récente interpellation musclée, suivie de sévices corporels de Me Mohamed Traoré, avocat inscrit au barreau de Guinée par des inconnus, continuent de susciter de vives réactions et tensions entre les autorités politiques et le corps des avocats.
Alors que le ministre des transports, Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement s’est exprimé sur l’affaire en relativisant sa portée, affirmant qu’« un Guinéen a été violenté, pas un avocat ni un homme politique », Me Traoré a vivement réagi ce vendredi 4 juillet 2025, via un message publié sur sa page Facebook.
« Je ne suis pas et je n’ai jamais été un homme politique », a-t-il clarifié. Il rappelle qu’il s’est toujours exprimé sur les affaires publiques sous le prisme du droit, et non en tant qu’acteur politique. Dans une réponse directe au ministre, Me Traoré évoque même avoir été l’un de ses anciens avocats lors de ses démêlés avec la justice, soulignant le paradoxe de la situation actuelle.
« Vous m’avez un jour qualifié de « bonne conscience de la République », justement parce que je n’avais pas d’étiquette politique. C’était votre manière d’encourager des voix indépendantes à dénoncer l’arbitraire. Je suis toujours cette voix, même si aujourd’hui, j’en paie le prix dans mon intégrité physique », écrit l’avocat.
Ce recadrage intervient dans un contexte de relations tendues entre le barreau de Guinée et les autorités de Conakry. À la suite de l’arrestation de Me Traoré, l’Ordre des avocats de Guinée avait lancé un mot d’ordre de boycott des juridictions sur l’ensemble du territoire national pour une durée de 2 semaines. Ce mot d’ordre prendra fin ce week-end. Une assemblée générale du barreau est prévue ce lundi 7 juillet 2025, pour décider des suites à donner à cette crise.
Aboubacar Sidiki Camara














