Sous l’égide du Bureau de Suivi des Priorités Présidentielles (BSPP), l’État guinéen a procédé à une revue de son portefeuille de projets prioritaires. Ce sont au total 34 initiatives, totalisant un investissement colossal de 55 228 milliards de francs guinéens, qui ont été passées au crible, en présence de hautes autorités gouvernementales et de partenaires techniques et financiers.

Cette rencontre de haut niveau a réuni autour de la même table le ministre Secrétaire Général de la Présidence, le Général Amara Camara, le Premier ministre Amadou Oury Bah, ainsi que plusieurs ministres sectoriels concernés. L’ambition affichée, faire le point sur la mise en œuvre des projets présidentiels et relancer la dynamique là où elle s’essouffle.
Selon les statistiques présentées lors de la session, 76,47 % des projets sont en cours d’exécution conformément au calendrier établi. Mais l’autre versant du tableau reste préoccupant, près d’un quart des projets (23,53 %) enregistrent des retards.

Plus inquiétant encore, un tiers des projets financés par le Budget National de Développement (BND) a déjà dépassé la durée contractuelle. En parallèle, des projets auraient été lancés sans organe technique de pilotage ni unité de gestion dédiée, ce qui nuit gravement à leur gouvernance.
Le rapport de revue pointe du doigt des facteurs critiques, retards d’obtention des Avis de Non-Objection (ANO), problèmes d’indemnisation des emprises, insuffisance de structuration des projets, et une documentation technique souvent déficiente dès l’inscription budgétaire. La chaîne de la dépense publique continue aussi de faire peser des risques majeurs sur les délais d’exécution.
Tout n’est pas sombre cependant. Des avancées notables ont été relevées, notamment la création de comités techniques de suivi, le démarrage anticipé de phases préparatoires grâce au financement extérieur (FINEX), ou encore la participation croissante d’entreprises locales à la mise en œuvre.

À l’issue des travaux, plusieurs recommandations fortes ont été formulées :
– Structurer systématiquement les unités de gestion dès le lancement,
– Sécuriser les emprises foncières à l’étape de l’identification,
– Rendre obligatoires les études techniques détaillées en amont,
– Améliorer la qualité des documents soumis pour financement.
Reste à voir si les leçons tirées seront effectivement suivies d’actions concrètes sur le terrain afin d’absorber le retard constaté.
Décryptage: Amadou Diallo














