Une embarcation artisanale transportant 136 candidats à l’exil, dont 30 femmes, 39 mineurs et 67 hommes adultes, a été appréhendée vendredi à l’aube par la brigade maritime de Kamsar, alors qu’elle évoluait en pleine mer en direction des côtes espagnoles.
L’intervention des unités de sécurité, saluée pour sa réactivité, a permis d’acheminer les passagers vers la terre ferme, où les autorités administratives et judiciaires se sont rendues samedi dans les heures qui ont suivi pour prendre la mesure de la situation.
Le général Mamadou Camara, gouverneur de la région administrative de Boké, a exprimé une inquiétude croissante face à la multiplication des départs depuis le littoral guinéen: « Pour chaque embarcation en direction de l’Espagne, c’est toujours Kamsar. Si les autorités civiles et militaires ne prennent pas leurs responsabilités, l’mage de Kamsar sera ternie. »
Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Boké, Amadou Oury Diallo, a également pointé du doigt l’ampleur du phénomène: « Nous faisons face à une situation préoccupante à Kamsar. L’immigration clandestine devient un enjeu à la fois national et international. Je remercie les forces de défense et de sécurité, ainsi que les autorités civiles et militaires, en particulier le commandant de la brigade maritime de Kamsar. »
Ce nouvel épisode porte à 3 le nombre de navires chargés de migrants repérés ces 2 derniers mois dans la zone. Une réalité qui exaspère Kaba Mangoya Sylla, président de la délégation spéciale de Kamsar aui durcit le ton: « En l’espace de 2 mois, 3 pirogues ont été interceptées à destination de l’Espagne. C’est une honte que cela se reproduise dans ma zone de compétence. Ceux qui s’adonnent à ces réseaux seront identifiés et traduits devant la justice. J’en appelle aux chefs de districts et de secteurs à prendre des mesures rigoureuses pour mettre un terme à ce phénomène. »
Au fil des mois, la ville portuaire de Kamsar semble s’imposer comme un point de départ privilégié des réseaux migratoires. En l’absence de mesures structurelles, la région pourrait voir ce phénomène se transformer en crise humanitaire.
Décryptage: Amadou Diallo














