Le président de la transition du Mali, le Général Assimi Goïta, a officiellement promulgué une loi lui conférant un mandat présidentiel de 5 ans renouvelable, sans passer par les urnes. Cette décision marque un tournant majeur dans le processus politique de transition engagé depuis le coup d’État militaire de 2021.
Selon l’Agence France-Presse (AFP), cette nouvelle disposition figure dans un document diffusé ce jeudi sur les réseaux sociaux, et « authentifié de source officielle ». Le texte stipule que le mandat du chef de l’État est non seulement prolongé jusqu’en 2030, mais également « renouvelable autant de fois que nécessaire, jusqu’à la pacification du pays ».
Cette mesure, qui consacre un pouvoir présidentiel sans échéance électorale, risque de susciter de vives réactions sur la scène nationale et internationale. Elle intervient dans un contexte sécuritaire toujours instable dans le pays, en proie aux attaques jihadistes et aux tensions internes.
Assimi Goïta, arrivé au pouvoir à la suite d’un double coup d’État en 2020 et 2021, avait initialement promis un retour à l’ordre constitutionnel à travers des élections démocratiques. Ce nouveau développement éloigne davantage cette perspective, au moment où les partenaires du Mali, notamment la CEDEAO, l’Union africaine et l’Union européenne, appelaient à une transition limitée dans le temps.
Alors que le document évoque la « pacification du pays » comme condition à toute alternance, aucune échéance concrète n’est avancée, laissant la porte ouverte à une présidence à durée indéterminée.
Mohamed Béné Barry














