Le mouvement démocratique Libéral (Model) a exprimé ce samedi 12 juillet 2025, de profondes inquiétudes quant au projet de nouvelle constitution, qui est en phase de vulgarisation. Réuni en assemblée générale hebdomadaire, le parti a vivement critiqué un processus jugé opaque, exclusif et potentiellement dangereux pour l’avenir démocratique du pays.
« Cette constitution, censée être le socle de toutes les lois de la République, ne devrait pas être rédigée en catimini, entre amis, dans un cercle restreint », a déclaré un responsable du parti, dénonçant l’absence totale d’inclusivité dans la rédaction du texte.
Le Model affirme n’avoir été associé « ni de près ni de loin » à l’élaboration de la nouvelle constitution, rédigée au sein du conseil national de la transition (CNT), une instance qu’il avait déjà refusé d’intégrer en raison de « nombreuses irrégularités » qui ont précédé sa mise en place.
Le parti estime que son retrait du CNT lui confère une légitimité morale : « Nous avons les mains propres », a insisté le responsable. Pour Aliou Dalein Diallo, chargé de l’implantation du parti, « la forme prime sur le fond » un processus biaisé dès le départ ne saurait aboutir à un texte juste et légitime.
Parmi les points de friction, le mandat présidentiel de sept ans renouvelable une seule fois inquiète particulièrement. Le Model y voit une manœuvre pour pérenniser le pouvoir du Général Mamadi Doumbouya. « Deux mandats de sept ans, plus quatre années de transition, cela nous mène à 2040. Ce chiffre revient partout. J’ai l’impression que les auteurs du projet Simandou 2040 et ceux de cette constitution ont travaillé ensemble », a ironisé Aliou Dalein Diallo.
Autre sujet de préoccupation la création d’un Sénat. Le Model s’interroge à la fois sur la pertinence de cette nouvelle institution, le mode de désignation de ses membres, et son coût pour le budget national. « Le président de la République pourra nommer une grande partie des sénateurs. Je me demande comment cela va fonctionner », a-t-il questionné, craignant une concentration excessive du pouvoir exécutif.
Le parti d’Aliou Bah appelle ainsi à une révision complète du processus constitutionnel, qu’il souhaite transparent, inclusif et respectueux des principes démocratiques fondamentaux.
Aboubacar Sidiki Camara














