Une vaste opération de sécurisation baptisée « Opération Piment » a été lancée cette semaine dans la région de Kindia, sous réquisition du procureur général de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kindia. Cette offensive, menée conjointement par la police, la gendarmerie et désormais appuyée par l’armée, vise à démanteler les foyers criminogènes, repaires de malfaiteurs, ainsi que les lieux de vente et de consommation de drogue.
La première phase de cette opération s’est déroulée dans la commune urbaine de Kindia et dans la sous-préfecture de Damakania. Plusieurs cabarets ont été détruits, parfois incendiés, et 71 personnes ont été interpellées, parmi lesquelles un militaire, a révélé le Colonel Mamadi Condé, commandant de la première région militaire, lors d’un point de presse organisé ce week-end. « Nous avons saisi plusieurs types de stupéfiants, dont le chanvre indien, visible à l’œil nu, ainsi que d’autres drogues plus discrètes mais redoutables, comme la drogue kush et la drogue sweet, très prisées par une jeunesse de plus en plus vulnérable », a déclaré l’officier supérieur, en exhibant les produits saisis.

Selon ses précisions, la drogue Kush, vendue au prix exorbitant de 100 000 francs guinéens le petit morceau, est conditionnée dans de petites pipes artisanales. Quant à la drogue Shit, qualifiée de « grand frère » de la précédente, elle serait également très présente sur le terrain.
Outre les produits stupéfiants, les forces de l’ordre ont saisi 31 téléphones portables de différentes marques. Les personnes arrêtées auraient été prises en flagrant délit, selon le colonel, qui a cependant tenu à rappeler que c’est à la justice de déterminer leur culpabilité. « Je ne dirais pas qu’ils sont simplement suspects, car ils ont été pris en flagrance. Mais il revient à la justice de faire la part des choses », a-t-il nuancé.

La prĂ©sence d’un militaire parmi les personnes arrĂŞtĂ©es a suscitĂ© une vive Ă©motion. L’officier s’est montrĂ© ferme sur ce point. « Ce militaire, qui est censĂ© dĂ©fendre l’intĂ©gritĂ© territoriale et protĂ©ger les citoyens, s’est trouvĂ© lĂ oĂą il ne devait pas ĂŞtre. MĂŞme si nous ne sommes pas les dĂ©cideurs, son cas est particulièrement grave. »

L’Opération Piment, qui existait déjà sous une forme plus discrète, a été renforcée sur instruction du parquet, avec l’appui désormais officiel des forces armées. Elle est appelée à devenir régulière et permanente. « Ce n’est pas un feu de paille. C’est une lutte qui va continuer, et nous n’allons plus baisser les bras », a conclu le commandant régional.
Décryptage: Amadou Diallo














