Le conseil national de la transition (CNT) a réagi ce week-end aux vives critiques formulées par l’alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) à l’encontre du projet de nouvelle constitution actuellement en phase de vulgarisation.
L’ANAD, dirigée par l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, a exprimé sa « profonde indignation » face à un texte qu’elle juge en rupture avec la charte de la transition et les engagements initiaux pris par le Président de la transition. Au cœur de la controverse, une disposition du projet qui pourrait permettre au chef de la junte de se présenter aux prochaines élections, ce qui irait à l’encontre de l’article 46 de la charte de la transition. Ce dernier interdit explicitement au Président de la transition et aux membres du comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) de se porter candidats à l’élection présidentielle marquant la fin de la transition.
Joint par nos confrères d’africaguinée.com, le porte-parole du CNT, Yamoussa Sidibé, a dit sa surprise face à cette levée de boucliers, affirmant que l’élaboration du texte s’est faite dans une démarche inclusive. « Venant des politiques, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose. Mais ce qui est clair, c’est que le CNT s’est battu pour que toutes les composantes de la vie nationale participent à l’élaboration de cette constitution », a-t-il déclaré.
Sidibé rappelle que le CNT a consulté les populations à travers tout le pays, les juristes, les acteurs politiques, la société civile et même des partenaires internationaux. Il assure que chaque article du projet a été rédigé en tenant compte des contributions recueillies lors de ces consultations.
Face aux revendications spécifiques de l’ANAD, notamment la reconduction des articles 46, 55 et 65 de la charte dans le texte transitoire, la suppression de l’article 74 jugé contradictoire à l’article 160, la réduction du mandat présidentiel à 5 ans, et l’obligation de déclaration publique des biens du président, le CNT est resté ferme. Le texte n’est plus modifiable à ce stade, vue que le projet final a été déjà transmis à l’exécutif.
Aboubacar Sidiki Camara














