En Guinée, la vulgarisation du projet de nouvelle Constitution occupe désormais une place centrale dans les activités administratives, tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. À chaque déplacement ou rencontre avec les populations à la base, le Premier ministre, Amadou Oury Bah, met en lumière les innovations majeures que comporte ce texte.
Parmi celles-ci, il souligne l’introduction du droit de pétition et la régulation du fonctionnement des partis politiques: « La population a, pour ne pas être prisonnière de partis politiques ou de structures détenant une part du pouvoir, le droit de pétition. À ma connaissance, dans aucune autre constitution en Afrique ce droit n’est reconnu. Ce projet constitutionnel représente donc une avancée majeure pour consolider les mécanismes démocratiques de notre gouvernance », affirme-t-il.
Abordant la question du fonctionnement des formations politiques, Amadou Oury Bah déplore la longévité excessive de certains responsables à la tête des partis: « Comme vous le savez, dans de nombreuses structures qui aspirent au pouvoir, il y a des figures qui restent 10, 15, 20, voire 30 ans. Ce sont toujours les mêmes. Or, chacun d’entre nous atteint, tôt ou tard, son seuil de compétence. Il faut reconnaître que l’on peut être capable de répondre à des attentes à un moment donné, mais, quelques années plus tard, face à l’évolution de la société, des nouvelles générations et des mutations rapides dans le monde, on devient dépassé. »
Pour le Premier ministre, l’alternance doit être perçue non pas comme une contrainte, mais comme une nécessité inhérente à la vitalité démocratique: « Il faut accepter l’alternance comme un mécanisme naturel garantissant la continuité du progrès social. Céder la place, à un moment donné de notre combat, relève du respect de l’intérêt général. »
Décryptage: Amadou Diallo














