La récente fermeture de plus de la moitié des unités de production d’eau potable à travers le pays provoque une onde de choc au sein de la population. Sur les 3.100 structures identifiées, 1.724 ont été mises à l’arrêt dans le cadre d’une vaste opération de régulation menée par le ministère du commerce, de l’industrie et des PME. Une mesure saluée pour sa visée sanitaire, mais qui engendre une situation de pénurie préoccupante dans plusieurs quartiers.
Depuis l’annonce de cette décision, la colère et l’inquiétude montent chez les citoyens. À Sangoyah, dans la commune de Matoto, Binta Diallo exprime sa détresse : « C’est notre principale source d’approvisionnement qui a été coupée. On ne sait plus quelle eau boire sans mettre notre santé en danger », s’alarme-t-elle.
Si certains, comme Mohamed Somparé, reconnaissent la nécessité d’un contrôle plus strict sur la qualité de l’eau produite, dénonçant l’état insalubre de nombreuses unités, d’autres pointent déjà les effets collatéraux de cette mesure. « Les images diffusées par le ministère sont choquantes, mais cette fermeture généralisée sans solution alternative met la population en difficulté », déplore-t-il.
Dans les commerces de proximité, la pénurie est palpable. À Lambagni, Mamadou Diallo, boutiquier, constate une rupture d’approvisionnement : « Les sociétés ne livrent plus d’eau. Le stock est épuisé depuis plusieurs jours. Les clients viennent demander, mais on n’a rien à leur offrir. C’est vraiment inquiétant. »
Face à l’inquiétude des citoyens, la ministre du commerce, Dre Diaka Sidibé, a tenté de rassurer l’opinion publique. Dans une publication sur LinkedIn en date du 21 juillet 2025, elle rappelle que cette opération vise avant tout à protéger les consommateurs : « Cette démarche n’a pas vocation à sanctionner, mais à garantir la santé publique et à structurer durablement un secteur essentiel à la vie quotidienne. »
Mais sur le terrain, les citoyens attendent des réponses concrètes. La priorité : rétablir rapidement un accès sécurisé à une eau potable de qualité. En attendant, c’est un sentiment de désarroi qui domine.
Aboubacar Sidiki Camara














