Un vent de contestation souffle sur la capitale malaisienne. Ce samedi 26 juillet 2025, entre 20 000 et 50 000 personnes ont envahi les rues de Kuala Lumpur pour exiger la démission du Premier ministre, Anwar Ibrahim, en poste depuis 2022.
Organisée par plusieurs partis d’opposition, cette manifestation est la plus importante depuis l’arrivée au pouvoir d’Anwar. Les manifestants ont convergé vers la place de l’Indépendance, au cœur de la capitale, brandissant des pancartes appelant à la démission du chef du gouvernement, sous l’œil attentif des forces de l’ordre.
Parmi les figures marquantes présentes, l’ancien Premier ministre, Mahathir Mohamad ex-allié devenu farouche opposant n’a pas mâché ses mots : « Il se réjouit de nous voir souffrir », a-t-il lancé devant la foule, appelant lui aussi Anwar à quitter ses fonctions.
La grogne populaire s’explique en grande partie par les promesses non tenues du gouvernement. À son arrivée au pouvoir, Anwar Ibrahim avait promis de lutter contre la corruption et le népotisme, fléaux récurrents en Malaisie. Trois ans plus tard, beaucoup estiment que les réformes annoncées tardent à se concrétiser, alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter.
Face à la pression, le Premier ministre a annoncé cette semaine, une série de mesures d’urgence : baisse ciblée du prix de l’essence et aide financière de 20 euros versée fin août à certains adultes. Une réponse jugée insuffisante par les manifestants.
Malgré ce climat tendu, Anwar conserve une majorité d’opinions favorables : une étude récente révèle que plus d’un Malaisien sur deux soutient encore son action, bien que sa popularité ait chuté de près de 20 points depuis le début de son mandat.
À moins de trois ans des prochaines élections prévues d’ici février 2028, cette mobilisation d’ampleur sonne comme un avertissement pour le gouvernement en place. Les partis, eux, affûtent déjà leurs armes en vue du prochain scrutin.
Aboubacar Sidiki Camara














