À l’occasion de la présentation et de la dédicace de son livre « Comprendre pour agir avec mesure et détermination », l’ancien Premier ministre guinéen, Kabiné KKomara de la transition version Moussa Dadis Camara, a livré une anecdote émouvante et pleine de sens sur sa relation avec le défunt président malien, Amadou Toumani Touré, connu sous le nom de A.T.T.
Dans son intervention devant un public composé de personnalités diplomatiques, politiques et intellectuelles, réunies dans un grand réceptif hôtelier de Conakry, Kabiné Komara a d’abord tenu à remercier « tout particulièrement les ambassadeurs des pays amis : le Maroc, le Royaume d’Arabie Saoudite, l’Angleterre et le Mali ».
Il a expliqué que leur présence à la cérémonie lui permettait « d’entrer dans le vif de son livre sans passer par un long préambule. » Et d’ajouter :
« Le fait que ces 4 ambassadeurs soient présents, est révélateur de quelque chose de profond. »
Il s’est ensuite attardé sur les relations historiques entre la Guinée et le Mali, avant de livrer un souvenir personnel remontant à l’époque où il dirigeait le gouvernement guinéen de transition:
« Le Mali, notamment, est un pays lié à la Guinée par de nombreux liens historiques. Lorsque j’étais Premier ministre, le président malien de l’époque, Amadou Toumani Touré ‘ATT’, connaissait bien les difficultés auxquelles je faisais face. Il savait, par exemple, que je ne percevais pas de salaire. Un jour, il m’a envoyé son ministre des Affaires étrangères, M. Wan. Ce dernier m’a remis 500 000 francs CFA de la part d’ATT, en me disant : « Le président m’a chargé de te remettre cela pour que tu puisses rester digne dans l’exercice de tes fonctions. » C’est un geste que je trouve important de rappeler aujourd’hui ».
Kabiné Komara a poursuivi en évoquant la période d’exil de ATT à Dakar, après son renversement par l’armée :
« Plus tard, lorsque ATT a perdu le pouvoir et a été contraint à l’exil à Dakar, nous étions presque voisins. Nous partagions beaucoup de confidences. Il souhaitait rentrer au Mali, mais le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) était alors influencé par de nombreuses voix qui le dissuadaient de permettre ce retour. C’est avec le journaliste Alain Foka que nous avons œuvré pour faciliter une rencontre de réconciliation entre ATT et IBK, ce qui a finalement permis à ATT de rentrer dans son pays ».
En conclusion, l’ancien Premier ministre guinéen a rendu un hommage appuyé à ATT, tout en soulignant ses liens personnels avec le Mali :
« ATT était un ami cher. Et au-delà de cette relation personnelle, le Mali est un pays frère. Mon épouse y est née, et moi-même, j’y compte de nombreux amis et membres de ma famille. Je tiens donc à remercier chaleureusement l’ambassadeur du Mali pour sa présence ici aujourd’hui ».
Ce témoignage sincère et humain illustre la profondeur des relations entre dirigeants africains, et rappelle aussi que derrière les responsabilités d’État, il existe des gestes simples mais profonds de sens.
Mohamed Béné Barry














