La 6ᵉ Conférence mondiale des présidents de parlements, organisée par l’Union interparlementaire (UIP) en étroite collaboration avec les Nations Unies, s’est tenue du mardi 29 au jeudi 31 juillet 2025 au Palais des Nations à Genève.
La Guinée n’a pas été en marge de ce rendez-vous international. Le pays a été représenté par le Dr Dansa Kourouma, président du Conseil national de transition (CNT). À la tribune, il s’est exprimé au nom du peuple de Guinée et du Président de la République, le général Mamadi Doumbouya: « Au nom du peuple guinéen et de son président, le général Mamadi Doumbouya, je vous adresse mes salutations fraternelles et mes remerciements sincères. Je salue particulièrement le bureau de l’UIP et son secrétariat général pour la pertinence du thème choisi et l’excellente organisation de cette rencontre. »
Dans son allocution, le président du CNT a dressé un constat lucide de l’état du monde et du système multilatéral: « À une époque où le multilatéralisme est contesté et confiné dans la technocratie, l’UIP incarne encore le plus grand rassemblement démocratique des parlements, et cela mérite d’être célébré.
Nous assistons consciemment au spectacle d’un monde en mutation, à un ordre mondial en péril. Pourtant, la souveraineté véritable ne se mesure pas au rejet des engagements internationaux, mais à la fidélité des dirigeants aux pactes librement consentis, au nom des peuples, dans le cadre du droit international. »
Il a également rappelé le rôle central des parlements dans la préservation des idéaux démocratiques: « Les parlements, piliers de la démocratie mondiale, doivent redevenir les bastions de la démocratie, de la paix et des libertés fondamentales.
Nous, parlementaires, avons la responsabilité de porter la voix des peuples sur la scène internationale. Concilier engagements globaux et réalités locales, transformer les aspirations citoyennes en politiques publiques concrètes, telle est notre mission. Nous devons aussi être un rempart contre toutes les formes de dérive dans la gouvernance mondiale. »
Dans un discours sans détour, le Dr Dansa Kourouma a ensuite abordé les limites du multilatéralisme actuel, tout en proposant des pistes de réformes: « Le multilatéralisme n’est pas le problème, il est la solution. Ce n’est pas le multilatéralisme qu’il faut condamner, mais son usage biaisé. Ce que nous devons promouvoir, c’est un multilatéralisme rénové, plus juste, plus solidaire et plus représentatif. »
Il a également mis en lumière l’expérience africaine face à un système international déséquilibré: « L’Afrique, en général, a été et continue d’être victime d’un multilatéralisme de domination, souvent brandi par certains États, dans un silence complice des institutions internationales, pourtant garantes de l’équilibre mondial. »
Concluant son intervention sur une note constructive, il a plaidé pour une refonte des mécanismes institutionnels: « C’est pourquoi, je plaide pour le renforcement des organisations régionales et des institutions territoriales », a-t-il demandé.
Décryptage: Amadou Diallo














