Alors que la Guinée fait face à des catastrophes écologiques récurrentes, notamment les inondations qui touchent chaque année des milliers de familles, l’Agence nationale de gestion des urgences et des catastrophes humanitaires (ANGUCH) est en première ligne… mais sans aucun moyen de déplacement. Une situation paradoxale et inquiétante.
Déployée sur l’ensemble du territoire national, l’ANGUCH ne dispose ni de véhicules ni même d’une moto pour ses équipes d’intervention. Seul le Directeur Général, Lancei Touré, possède une voiture. Malgré ce manque flagrant de logistique, les agents de l’agence continuent de se rendre sur les sites sinistrés, souvent au péril de leur sécurité, dans des conditions météorologiques extrêmes, alors que d’autres institutions publiques recommandent à leurs employés de limiter tout déplacement en cas de pluie.
Un travail titanesque dans des conditions précaires
Depuis le début de la saison des pluies, l’ANGUCH ne cesse d’agir sur le terrain : identification des zones sinistrées, assistance aux populations déplacées, réquisition de centres d’hébergement d’urgence, distribution de vivres et évaluation quotidienne de la situation humanitaire.
Un observateur indépendant, qui suit de près les activités de l’agence, souligne que l’ANGUCH pourrait « faire beaucoup plus et beaucoup mieux » si elle disposait simplement de moyens logistiques adaptés à sa mission.
Une question de volonté politique ?
L’existence même de cette agence, créée pour répondre efficacement aux urgences humanitaires, soulève aujourd’hui une question troublante : comment l’État peut-il mettre en place une institution aussi stratégique sans lui fournir les moyens minimums pour fonctionner ?
Face à cette incohérence, de nombreux citoyens et acteurs de la société civile demandent des explications au Directeur Général, Lancei Touré. Comment parvient-il à maintenir ses équipes actives sur le terrain malgré les nombreuses contraintes ? Quelles solutions envisage-t-il pour faire face à ce manque criant de ressources ?
L’ANGUCH joue un rôle vital dans la protection des populations en période de crise. Il est donc urgent que les autorités prennent la mesure de la situation, afin que cette agence puisse véritablement accomplir sa mission au service du pays.
Ibrahima Sory Kandja Bangoura














