Une seule régularisation sur 20 demandes. Ces livreurs poitevins originaires de Guinée vivent en France depuis plusieurs années et réclament des papiers. Les recalés sont désormais susceptibles d’être expulsés. Dix-sept d’entre eux ont déposé un recours.
Ils ont entre 20 et 35 ans, habitent parfois depuis 8 ans en France. Certains sont même devenus papas. Et pourtant, ils vivent sans papiers. Une vingtaine de Poitevins originaires de Guinée, travaillant majoritairement pour Uber Eats ou Deliveroo et faisant face à une situation précaire, ont créé un collectif pour obtenir leur régularisation.
Un seul a obtenu sa régularisation. Les autres font l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Mais ils continuent de se battre pour pouvoir rester en France.
« Ça nous empêche beaucoup de choses »
Chaque jour, ils livrent des repas, pourtant, ils continuent de travailler dans la précarité et la clandestinité. Fin juin 2025, la préfecture a refusé leur demande de titre de séjour. « Ça m’a fait mal. Ça m’a touché. Ça nous empêche beaucoup de choses quand même », témoigne Alseny, Guinéen sans-papiers de 26 ans.
Pour Mohamed, Guinéen sans-papiers lui aussi, âgé de 35 ans, « c’est la merde. Mais on n’a pas le choix. On n’est pas délinquant, on est en train de travailler. C’est la France qui a colonisé la Guinée, c’est pour ça qu’on est venu ici ».
Pourquoi un seul d’entre eux a été régularisé et pas les autres ? « Après un examen attentif de leur situation individuelle, un usager a fait l’objet d’une régularisation avec l’octroi d’un titre de séjour, et les dix-neuf autres dossiers ne répondant pas aux critères réglementaires de l’admission exceptionnelle au séjour ont fait l’objet d’une décision de refus », explique la préfecture.
« C’est un échec qui s’inscrit dans un contexte politique global très défavorable aux personnes migrantes. Même si on démontre qu’ils travaillent et vivent depuis des années en France, la préfecture ne voit pas cela comme un signe d’intégration », explique Mathis Haradji, responsable de la CIMADE de Poitiers.
Un recours contre les OQTF
Le collectif reste mobilisé. Un recours contre les obligations de quitter le territoire délivrées par la préfecture a été déposé devant le tribunal administratif. Cela les met à l’abri d’une expulsion, mais c’est loin d’être gagné.
« La difficulté ce sont les chiffres actuels de rejets des procédures et des recours étrangers de manière globale au tribunal administratif de Poitiers puisqu’on nous annonce des taux de rejets, donc de validation de décision de la préfecture, de 90 % », souligne Malika Ménard, avocate de livreurs sans-papiers.
Ils ont fui leur quotidien, parfois vécu l’enfer en traversant de nombreux pays et la mer Méditerranée dans des conditions inimaginables, avant d’arriver en France dans l’espoir d’avoir une vie meilleure. Aucun ne veut rentrer en Guinée, un pays instable où les tensions restent fortes.
Source: regions.franceinfo.fr














