Certains observateurs sourcilleux de la vie politique guinéenne cogitent encore abondamment sur la question. Quel était l’enjeu majeur du remaniement du 29 juillet 2025?
Né un mois auparavant d’un décret de restructuration qui a généré cinq nouveaux départements ministériels, le remaniement gouvernemental devait donc, naturellement, être marqué par l’entrée en scène de cinq nouvelles têtes. Ce qui fut fait. Et puis, plus rien d’autre à se mettre sous la dent pour les férus de chambardement gouvernemental. Le Général Mamadi Doumbouya ne nous aura offert qu’un lifting gouvernemental, à travers les cinq nouveaux impétrants et une petite dose de jeu de chaises musicales.
D’ailleurs, sérieusement, pouvait-il en être autrement? Car, les Guinéens ont d’abord été pris au pied levé par l’opération de scission ministérielle ayant abouti à ces cinq nouveaux départements. Par la suite, ils ont dû se coltiner, comme à l’habitude du Général Doumbouya, un long mois d’attente avant le fameux remaniement gouvernemental.
Fameux! Le mot n’est pas fortuit, puisque moult connaisseurs du macadam politique guinéen s’interrogent en effet sur l’urgence de ce lifting gouvernemental, notamment à quelques petites semaines du référendum constitutionnel du 21 septembre 2025. Ce, alors que la campagne de vulgarisation du projet de nouvelle Constitution bat son plein.
Et à les voir se magner et s’égosiller à travers les hameaux, les villages, les faubourgs et autres quartiers et villes du pays, les membres du gouvernement d’avant le lifting du 29 juillet 2025, semblaient parfaitement à la hauteur du job à eux confié. Puisque via une savante répartition imaginée par la Primature, l’ex équipe gouvernementale avait réussi à mailler le territoire guinéen. Ainsi, plusieurs groupes de ministres s’en sont allés prêcher la parole constitutionnelle par monts et par vaux, à travers le pays.
D’où la question de savoir quel gain politique, donc exceptionnellement bénéfique à l’échéance référendaire du 21 septembre, le palais Mohamed V cherchait-il au détour de ce remaniement? Car, toute proposition gardée, même la nomination du plus politique des cinq nouveaux entrants, en l’occurrence de Cellou Baldé, désormais ministre de la Jeunesse, n’apporte aucune plus-value exceptionnelle en faveur du « Oui massif » au projet de nouvelle Constitution. À moins que la carte de cet ex-lieutenant du principal opposant au CNRD, Cellou Dalein Diallo, ne vise qu’à sceller, et ainsi confirmer définitivement, le débauchage réussi de celui qui fut le député uninominal de Labé et Coordinateur des fédérations de l’UFDG de l’intérieur de la Guinée.
Alors, il y a bien lieu de poser ou reposer le débat sur l’enjeu majeur, politique ou autre, de ce remaniement gouvernemental. Débattons-en donc, chers lecteurs!














