Comme si la tragédie ne suffisait pas, la maison dans laquelle deux jeunes garçons ont perdu la vie lors des inondations meurtrières du 31 juillet dernier est en reconstruction. Située dans le lit d’un marigot, cette habitation avait été presque entièrement détruite par la violence des eaux. Pourtant, ses occupants ont choisi de la rebâtir au même endroit, défiant les alertes des autorités et les lois d’urbanisme.
Lors d’une mission d’évaluation menée cette semaine par la Direction de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme (DATU), le constat a été amer. Dépêchée par le ministère de l’Habitat, l’équipe a retrouvé les fondations d’une nouvelle maison en cours d’élévation, au même emplacement que l’ancienne. Les occupants, visiblement peu sensibles aux risques encourus, ont opté cette fois-ci pour des piliers en béton à la place des briques, espérant une meilleure résistance aux crues futures.
« C’est incompréhensible. Au lieu de quitter cette zone à risque, ils choisissent d’y rester et de reconstruire. On ne peut pas continuer comme ça », déplore un technicien de la DATU.
Face à cette situation, les agents de la direction ont ciblé plusieurs habitations jugées dangereuses, en y apposant une croix rouge. Les propriétaires concernés ont été convoqués pour s’expliquer. Le travail de recensement et de marquage s’est poursuivi jusqu’en amont du marigot, dont le lit naturel est désormais obstrué par des constructions, en totale violation des normes d’urbanisme.
Cette pratique dangereuse d’occupation anarchique des zones inondables aggrave les conséquences des pluies diluviennes et met chaque année des vies en danger. Les experts de la DATU plaident pour une réaction ferme des autorités afin d’éviter de nouvelles pertes humaines à l’avenir.
Ibrahima Sory Kandja Bangoura














