Les infrastructures routières en Guinée se détériorent à un rythme inquiétant, plus vite que leur temps de réalisation. L’alerte a été donnée ce mercredi 13 août 2025, par le président du conseil national de la transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, lors de la plénière consacrée à l’examen de quatre accords, dont celui portant sur la construction de l’échangeur d’Enco 5, financé par le fonds koweïtien, et sur le projet routier Labé–Mali–Kédougou.
S’adressant au nouveau ministre des travaux publics, le président du CNT a insisté sur l’importance de l’entretien « Construire est bon, mais entretenir ce qui est construit est plus important et plus difficile », a-t-il déclaré, déplorant l’état actuel de certaines autoroutes de la capitale, dégradées par les pluies et le manque d’entretien.
Avec des images parlantes, Dr Kourouma a comparé l’évolution des nids-de-poule aux « nids d’éléphants » puis aux « nids de baleines » lorsqu’ils ne sont pas rapidement réparés, rendant certaines routes impraticables. Il a appelé à s’inspirer des pays voisins qui interviennent immédiatement dès l’apparition d’un trou sur la chaussée afin d’éviter des blocages prolongés.
Le président du CNT a également rappelé que la population attend des solutions concrètes sur l’état des routes, des centres de santé et des infrastructures publiques, au-delà des débats constitutionnels. Il a souligné la nécessité d’une utilisation judicieuse et contrôlée des fonds issus des emprunts contractés, afin que les générations futures, amenées à rembourser ces dettes, puissent encore bénéficier des infrastructures construites.
Sur le plan budgétaire, Dr Dansa Kourouma a pointé du doigt le faible taux d’exécution des crédits alloués aux Travaux publics. Des propos corroborés par l’honorable Hamidou Camara, président de la commission du Plan, des Affaires financières et du Contrôle budgétaire, qui a révélé que sur une enveloppe de 1.770 milliards GNF, seuls 513 milliards avaient été engagés après huit mois, sans aucun paiement effectué. Les directions des routes préfectorales et nationales présentent respectivement des taux d’engagement de 6 % et 1 %.
Le président du CNT a partir ailleurs reconnu les avancées réalisées dans certaines zones, tout en réitérant l’urgence d’un entretien régulier des routes. « Si on n’entretient pas, tout se dégrade », a-t-il insisté, invitant le ministre à tirer les leçons et à agir en conséquence.
Aboubacar Sidiki Camara














