Le Consul honoraire de Guinée en Ouganda, Aboubacar Kourouma, a accordé un entretien à un groupe de journalistes guinéens présents à Kampala pour le CHAN. Il est revenu sur l’organisation mise en place par la communauté guinéenne, le rôle du consulat et la vie des Guinéens dans la région.
Dès avant le début de la compétition, une équipe d’accueil avait été constituée par la communauté guinéenne. « Nous avions préparé tout un dispositif : une personne était chargée de s’occuper des journalistes, une autre de la délégation et une autre de l’équipe. Tout a été mis en place dès que nous avions été informés de l’arrivée du Syli local », explique Aboubacar Kourouma.
Il dit avoir anticipé les choses en prenant en main, la mobilisation des supporters. « Nous nous attendions à ce que l’État fournisse des bus, mais voyant que cela allait prendre du temps, nous avons loué nous-mêmes des véhicules de 40 à 50 places. Ils ont été remplis à chaque sortie, et nous avons distribué 80 billets offerts par les techniciens sur place. »
Concernant les joueurs, le consul a insisté sur la concentration et le maintien du mental haut : « Je leur ai dit de ne pas se focaliser sur le public, mais sur le terrain, où ils sont 11 contre 11. Le football demande du courage, de la combativité et du don de soi. Quand on se donne à fond, les résultats peuvent venir. Il n’y a pas de mystère : il faut travailler et croire en soi. » Poursuivant, Aboubacar Kourouma revient sur les matchs : « Au départ, j’ai trouvé le jeu un peu lent, mais lors du deuxième match, ils ont montré de belles choses, même si les résultats n’ont pas suivi. Nous continuons à encourager l’équipe, car c’est ça le football : parfois on gagne, parfois on perd.»
La communauté guinéenne en Ouganda est composée des groupes venus du Congo ou du Kenya et exerçant des activités variées. Elles vont du commerce informel à des positions importantes dans de grandes entreprises comme Total, Ayore ou Bonesco. « Notre présence est également marquée au Soudan du Sud, au Soudan du Nord et en République démocratique du Congo », souligne le diplomate.
Le consulat honoraire couvre l’Ouganda, l’Éthiopie, le Kenya, la Somalie, Djibouti et la Tanzanie. Son rôle est de protéger et assister tous les Guinéens résidents ou de passage. « Depuis 13 ans que je suis ici, aucun de nos compatriotes n’a eu de problème avec la loi. Chaque année, un rapport est déposé au ministère des Affaires étrangères », ajoute Aboubacar Kourouma.
Il cite un cas particulier : « Un compatriote avait voyagé à vélo depuis la Guinée jusqu’en Ouganda. Il a été arrêté à la frontière rwandaise et ougandaise, accusé à tort de terrorisme. J’ai été interpellé par les autorités et j’ai pu intervenir. Il a passé un mois en prison, mais nous l’avons filmé et il a été relâché. »
Le consul insiste sur l’importance de la vigilance et de la communication avec les autorités locales : « Tous les passants et compatriotes peuvent nous informer. Le consulat est représenté même sur Google. Dès qu’ils savent que le consulat est à Kampala, ils peuvent nous signaler ce qui se passe. »
Aboubacar Kourouma tient également à saluer le soutien du chef de l’État : « Je remercie le général Mamadi Doumbouya pour avoir fait l’effort de permettre aux Guinéens d’être à Kampala pour supporter l’équipe. Vraiment, nous avons été satisfaits. » Il assure enfin la disponibilité du consulat pour toutes les délégations et compatriotes présents : « J’ai fait une ronde dans tous les hôtels où résident nos délégations pour me présenter et leur dire que je suis à leur disposition pour n’importe quel problème. Nous sommes là pour eux. »
Kampala, Mohamed Béné Barry














