Depuis le glissement de terrain meurtrier à Zacopé, dans la commune rurale de Manéah, l’axe Plaque Topaz–Carrière est devenu un couloir de circulation intense. Familles de victimes, curieux et bénévoles se rendent quotidiennement sur le site, désormais sous contrôle militaire, avec un accès strictement limité. Conséquence directe, une explosion des prix du transport sur ce tronçon.
Ce dimanche, nous avons suivi Djibril Touré, un habitant venu de Kindia pour tenter d’avoir les nouvelles de sa belle-sœur et de ses deux neveux disparus. Le trajet en moto, autrefois facturé à 5 000 francs guinéens, lui a coûté 10 000 FG. À sa tentative de discussion, le motard a répondu sèchement: « Si tu veux, prends un autre. » Un second conducteur, sollicité, confirme le tarif, ajoutant qu’il consent une réduction à 10 000 FG pour deux passagers.
Le chemin menant à la Carrière, point d’arrêt actuel des motos, est dans un état de dégradation avancée. Trous béants, flaques d’eau stagnantes et monticules de gravier, rendent la circulation périlleuse, surtout en cette saison pluvieuse.
Pour certains conducteurs de taxis-motos, la situation tourne pourtant à leur avantage: « Depuis mercredi, j’ai gagné 3. 185 000 FG. C’est du jamais-vu », nous confie Mamoudou Baldé, visiblement peu préoccupé par la tragédie.
Alors que des familles pleurent leurs morts, d’autres tirent profit de cette détresse collective. Comme pour dire que le malheur des uns, fait le bonheur des autres.
Amadou Diallo














