La ville de N’Zérékoré est en deuil. Hadja Hawa Baldé, habitante du quartier Kwitèyapoulou, s’est éteinte le lundi 18 août 2025 à Conakry, où elle suivait des soins médicaux. Sa disparition, survenue à la suite d’une maladie, a suscité une vive émotion et une profonde consternation au sein de la communauté de la Guinée forestière. La cérémonie funèbre s’est tenue au domicile de son feu époux au quartier Kwitèyapoulou puis à la mosquée-trypano de Gonia ou les prières et bénédictions funèbres ont été faites en présences de plusieurs cadres de la localité.
Dans les hommages rendus à la mémoire de la défunte, plusieurs personnalités de N’Zérékoré ont salué son engagement et son esprit rassembleur. C’est le cas de Kémo Camara, ancien chef du SERACO au gouvernorat de N’Zérékoré, qui se souvient d’elle en ces termes.
« Hadja Hawa était une femme dynamique et engagée. Lorsque j’étais chef du SERACO au gouvernorat de N’Zérékoré, elle a créé une ONG, l’Association des Veuves et Femmes Victimes d’Abandon (AVFVA) en 2006. Elle a toujours traité toutes les communautés ethniques sur un pied d’égalité, démontrant ainsi qu’elle incarnait pleinement les valeurs de la Guinée. Sa disparition est une perte immense pour toute la région forestière. J’invite chacun à prier pour le repos de son âme », a-t-il déclaré.
Considérée comme une femme engagée, battante et sociale, Hadja Hawa Baldé a marqué son entourage par son sens du partage et sa proximité avec les habitants de son quartier. De nombreux témoignages recueillis traduisent l’ampleur de la perte.
« C’est une grande perte pour nous et pour sa famille biologique et pour toute les communauté du quartier. C’est une dame qui a beaucoup investi dans la jeunesse, elle a beaucoup aidé les jeunes. Depuis 1990, elle a évolué dans l’humanitaire. Elle nous a toujours traités comme ses propres enfants. Elle était très compréhensible », a témoigné Naby Moussa Yattara, visiblement ému.
Patrice Kpogomou, ancien chef de quartier de Kwitèyapoulou, garde le souvenir d’une amie fidèle et d’une femme généreuse. « Nènè Hawa a toujours été utile pour moi. C’est une amie, une maman. Depuis nos années de collège en 1967, nous avons gardé un lien très fort. Elle ne faisait jamais de distinction entre les personnes ou les ethnies. Très sociale, elle était présente partout, dans le bonheur comme dans le malheur. C’est une grande perte pour la communauté. Je suis tombé malade récemment, elle m’a beaucoup aidé. Je pleur sa mort aujourd’hui. Mais pour mois elle n’est pas morte, elle reste presente dans mon cœur », regrette Patrice Kpogomou.
Membre de la ligue islamique préfectorale de N’Zérékoré, El Hadj Boubacar Baldé met en avant son rôle dans le militantisme religieux et social.
« Elle était une dame respectueuse, courageuse, dynamique et battante. Elle a été ma collaboratrice au sein de la ligue islamique, où elle occupait la charge de la communication et de l’information. Elle avait aussi créé une ONG regroupant les femmes veuves. Elle était activiste, gentille et très impliquée », a-t-il témoigné.
Le parcours de Hadja Hawa Baldé laisse l’image d’une femme pieuse, dévouée et toujours tournée vers les autres. Sa disparition crée un vide difficile à combler dans la région forestière.
Elle a été inhumée ce dimanche 24 août 2025 au cimetière d3 Gonia. La défunte Haja Hawa Baldé part en laissant derrière elle, une fille unique et plusieurs petits enfants.
Moussa Moïse Camara














