Ma vie de journaliste m’a récemment conduit en Ouganda, à l’occasion de la huitième édition du Championnat d’Afrique des Nations. Trois semaines intenses, à la fois humaines et professionnelles, qui m’ont permis de découvrir ce pays d’Afrique de l’Est que ses habitants appellent avec fierté « la perle de l’Afrique ».
Mon périple a débuté à Entebbe, une petite ville située à 35 km de Kampala, la capitale. Ce qui m’a immédiatement frappé, c’est la propreté des lieux, la verdure omniprésente et la douceur du climat. Branchée directement sur le lac Victoria, Entebbe offre une atmosphère qui rappelle par moments, les paysages foutaniens. Là-bas, la nature n’est pas un décor, elle est respectée, protégée, vécue.
Les maisons semblent s’imbriquer dans la forêt, les arbres veillent comme des gardiens séculaires, et l’air est d’une pureté étonnante. En me promenant, je me suis surpris à penser à ma Guinée, où l’environnement est menacé par la déforestation, l’insalubrité et la destruction du couvert végétal.
À Kampala, la capitale, la modernité se mêle à la discipline écologique. De grands immeubles, des chantiers en pleine expansion, mais toujours entourés d’arbres et de verdure. La ville respire, littéralement. L’air y est doux, tempéré par des pluies régulières.
Une scène au Mandela Stadium m’a particulièrement marqué. Après un match du Syli local, j’ai posé ma bouteille d’eau par terre pour refaire mes lacets. À peine avais-je tourné la tête qu’elle avait disparu : ramassée pour être déposée dans une poubelle. En Ouganda, le respect de la propreté est devenu un réflexe collectif. là-bas, aucun déchet ne traîne, chacun se sent responsable de l’environnement.
L’Ouganda, avec ses nombreux parcs nationaux et ses campagnes de préservation, se présente comme un modèle de gestion environnementale. La protection du lac Victoria, la mise en valeur des parcs animaliers, le reboisement massif, tout est pensé pour préserver la nature.
En Guinée, malheureusement, la situation est différente. La déforestation, la perte de la mangrove, la pollution et l’urbanisation anarchique grignotent peu à peu notre patrimoine naturel. Comme le dit si bien doyen Dian Baldé : « Lambandji mange du béton ». Un quartier de la banlieue de Conakry où les immeubles sortent de terre comme des champignons. Les arbres ont peu à peu cédé la place aux briques et au ciment.
Face au réchauffement climatique et à la dégradation de nos écosystèmes, il est temps que la Guinée s’inspire du modèle ougandais, où la nature est considérée comme sacrée.
Au terme de ce séjour, je garde en mémoire le contraste saisissant entre les réalités de l’Ouganda et celles de mon pays. À Entebbe comme à Kampala, on vit dans la verdure, on respire un air pur, on respecte l’environnement.
L’Ouganda m’a offert plus qu’une aventure sportive, il m’a rappelé que le développement durable n’est pas une option, mais une nécessité. Si la Guinée veut préserver ses richesses naturelles, elle devra un jour suivre le chemin tracé par la perle de l’Afrique.
Mohamed Béné Barry














