Un camp d’excision de masse a été démantelé dans le village de Moata, dans la sous-préfecture de Yalenzou, à la suite d’un drame évité de justesse. Entre le 21 et le 22 août 2025, une fillette de 13 ans a failli perdre la vie après avoir été excisée. Elle a été admise d’urgence à l’hôpital régional de N’Zérékoré, après une première prise en charge au poste de santé de Zao.
Selon les témoignages recueillis, la jeune victime a été conduite au camp par sa grand-mère paternelle, en l’absence de sa tutrice. C’est l’alerte donnée par la mère d’une camarade de la fillette qui a permis de sauver l’enfant, déjà mutilée.
Cette affaire qui a suscité une vague d’indignations dans la région, a entraîné plusieurs interpellations. Il s’agit de la grand-mère paternelle de la victime, deux exciseuses, deux autorités locales de Moata, un responsable communautaire et le trésorier du village. Ils ont été auditionnés à la gendarmerie le lundi 25 août 2025.
À l’annonce de ces arrestations, les autres filles présentes dans le camp auraient pris la fuite. D’après les informations disponibles, 12 d’entre elles auraient déjà subi l’excision. Les enquêtes se poursuivent pour identifier et traduire en justice les responsables.
Face à la gravité des faits, plusieurs organisations de défense des droits humains et de lutte contre les violences basées sur le genre ont annoncé avoir déposé une plainte conjointe auprès de l’inspection régionale de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables.
Aboubacar Sidiki Camara














