À Koloma, en plein cœur de Conakry, ce qui devait être un passage sécurisé pour piétons est devenu un marché à ciel ouvert. La passerelle, censée protéger les citoyens des dangers de la circulation, est désormais occupée du matin au soir par des femmes vendeuses, leurs étals débordant d’herbes médicinales, de patates, de balais, et de condiments.
Les escaliers sont envahis, la traversée presque impossible. À chaque pas, un obstacle. Un panier, une bassine, ou un amas de mouches autour des denrées. L’ambiance est tendue, la scène désolante.
Interrogée ce dimanche 31 août 2025, une vendeuse, visiblement excédée, lance: « Vous vous fatiguez pour rien. C’est partout comme ça à Conakry. Les marchés sont sales, les clients refusent d’y entrer. Une table coûte jusqu’à 450.000 FG. Avec mes petites tomates, où voulez-vous que j’aille ? Laissez-nous ici. »
Moustapha Baldé, grossiste et fidèle de la mosquée voisine, se dit révolté: « Tous les jours, c’est la bagarre. Elles refusent même de bouger quand tu veux passer. Je suis obligé de refaire mes ablutions, c’est frustrant. Les autorités dorment. »
Une autre femme, les mains pleines de feuilles de manioc, crie: « C’est là que vous venez ? Des enfants meurent, des terrains sont volés, et vous parlez de balais? Allez ailleurs »
Pourtant, les autorités assurent avoir tenté de sensibiliser. Mariama Ciré Diallo responsable des femmes dudit marché, chargée de l’assainissement: « Nous leur avons proposé des places dans le mamarché. Mais en vain. On procède désormais à des déguerpissements. La passerelle n’est pas un lieu de commerce », a-t-elle tranché.
C’est le même scénario sur la passerelle de Yembéya où nous sommes également passés.
Amadou Diallo














