C’est la grande inquiétude à Kankan depuis ce mardi. Les boulangers de la ville ont décidé de cesser le travail, et la situation risque de perdurer. Pour comprendre les raisons de cette décision, nous avons contacté un des responsables de l’Association des boulangers de Kankan.
Aly Badara Traoré s’est exprimé sur la situation: « Hier, c’est le maire qui nous a conviés à une réunion. Nous avons discuté du prix du pain. Lui, il a dit que le prix de la farine a baissé. Moi, j’ai répondu que ce n’est pas le cas pour le moment. Il a rappelé qu’on s’était entendus de diminuer le prix du pain au cas où le prix de la farine baissait.
J’ai encore insisté pour dire que le prix de la farine n’a pas baissé. J’ai ajouté que je revenais de Conakry, où il y a même des usines à l’arrêt », a-t-il affirmé.
Poursuivant ses explications, notre interlocuteur a précisé: « Ici à Kankan, le sac est vendu à 450.000 GNF. Il (le maire, ndlr) a répliqué en disant que, d’après ses informations, le sac est vendu à 360.000. De Conakry à Yomou, c’est seulement à Kankan qu’on vend le pain à 3.000 ou à 2.500. À Conakry, d’où vient la farine, la miche de pain est vendue à 5.000. Ici, dans nos fours, on donne la miche à 4.500 aux détaillants pour qu’elle soit vendue à 5.000fg
On n’a pas travaillé aujourd’hui parce que le maire dit que celui qui ne peut pas travailler pour vendre le pain à 3.000fg doit arrêter le travail. »
Face à cette situation, les boulangers ont donc décidé de suspendre leurs activités pour éviter des pertes financières plus lourdes à long terme. Ils posent désormais une exigence claire : « Que la farine soit à 350.000 GNF pour qu’on reprenne le travail », insiste Aly Badara Traoré.
En attendant qu’une solution soit trouvée entre les autorités locales et les boulangers, les habitants de Kankan doivent prendre leur mal en patience. La crise du pain, denrée de base dans la consommation quotidienne, pourrait bien durer si aucun compromis n’est trouvé rapidement.
Amadou Diallo














