À quelques semaines du référendum du 21 septembre, l’opération de distribution des cartes d’électeurs dans le secteur 6 du quartier Sangoyah Mosquée, dans la commune de Matoto tourne au désordre total. De nombreux citoyens dénoncent une organisation défaillante, un manque de coordination et une forte lenteur dans le processus.
Mohamed Somparé, l’un des nombreux citoyens venus récupérer sa carte, ne cache pas sa frustration. « Je suis là depuis 11 heures, il est 15 heures et je n’ai toujours pas ma carte. Une seule personne appelle les noms pour tout ce monde. Il n’y a aucune organisation, on ne sait même pas si notre nom est déjà passé ou pas. »

Un constat partagé par Djenabou Diaby, qui, après plusieurs heures d’attente, a finalement obtenu sa carte, mais dénonce une autre difficulté, la signature. « J’ai souffert pour récupérer ma carte, mais même pour signer c’est un autre calvaire. Ce qui devait être simple devient compliqué. »
Sur les lieux, le chef du secteur 6, qui avait pourtant proposé un système de tri par ordre alphabétique afin de faciliter la distribution, regrette que ses recommandations n’aient pas été suivies. « J’avais proposé de classer les cartes par ordre alphabétique. Finalement, ils ont décidé de regrouper les prénoms par lots, mais même cela n’a pas été respecté. Les cartes sont mélangées. Une seule personne ne peut pas gérer ça toute la journée », déplore Moussa Sylla.
Selon lui, les agents envoyés par la commune n’ont pas voulu collaborer avec les responsables locaux pour améliorer le processus. Le chef de quartier, M. Bangoura, se dit informé de la situation et affirme avoir donné des instructions, mais celles-ci ne sont visiblement pas appliquées sur le terrain.
Face à ce désordre, plusieurs citoyens repartent bredouilles, fatigués d’attendre. D’autres, après avoir reçu leurs cartes, s’en vont sans effectuer la signature obligatoire, augmentant les risques de confusion et de fraude.
Une inquiétude que partage M’mah Camara.
« Avec tout ce désordre, on craint que des cartes soient perdues ou récupérées par des personnes auxquelles elles n’appartiennent pas. »
En attendant une amélioration du processus, la colère gronde à Sangoyah Mosquée, où les citoyens réclament plus de rigueur et d’organisation pour garantir leur droit de vote.
Aboubacar Sidiki Camara














