À Sonfonia Baguissanaya, en haute banlieue de Conakry, un constat alarmant s’impose. Dans ce quartier où les immeubles poussent en bordure du marigot séparant la zone de Foulamadina, la moindre pluie suffit à transformer l’atmosphère. Les caniveaux débordent, l’eau change de couleur et les odeurs deviennent rapidement insupportables.
Les canaux d’évacuation, censés prévenir les inondations, sont de plus en plus détournés de leur usage. De nombreux habitants y déversent directement les eaux usées et le contenu de leurs toilettes. Une pratique devenue courante, qui pollue gravement l’environnement.
Soumah Soumah, vigile dans une école privée du quartier, témoigne : « Chaque fois qu’il pleut, l’eau devient noire. On a interdit à nos femmes et enfants d’utiliser le marigot. Pourtant, avant, il nous servait à tout. »

En allant vers le secteur de « Banlieue 13 », Koulibaly, un autre riverain, déplore : « Ce n’est pas que l’eau. Des adolescents sont envoyés tôt le matin ou tard la nuit pour jeter des ordures dans les caniveaux. L’odeur est insoutenable dès qu’il pleut. »
Un dernier témoin, vendeur à Enta, conclut : « Le caniveau qui part de T6 jusqu’ici est rempli de déchets. On s’est habitués… On ferme les yeux pour survivre. »
Amadou Diallo














