À Kissidougou, la réhabilitation de la Place des Martyrs, longtemps occupée comme marché, soulève de vives inquiétudes au sein de la commune urbaine. Des conseillers municipaux remettent en question la gestion des ressources destinées au chantier, pointant du doigt un manque de transparence et un blocage inexpliqué des travaux.
Le conseiller Kémo Bombo Kourouma, documents et photos à l’appui, affirme que les élus ont eux-mêmes initié une enquête pour faire la lumière sur la valeur réelle des dons reçus: « En tant que conseillers, nous avons mené une enquête pour connaître réellement la valeur des dons en faveur de ce chantier qui n’évolue pas du tout », a-t-il déclaré.
Les résultats de cette enquête font état de 172 millions de francs guinéens mobilisés en espèces :
75 millions GNF de la commune urbaine ; 60 millions GNF des 12 communes rurales (5 millions chacune) ; 30 millions GNF offerts par une entreprise chinoise de Douakô ; 5 millions GNF de l’hôtel Zéphyr ; 2 millions GNF donnés par les femmes forestières de Kissidougou: « Alors, les dons en espèces font un total provisoire de 172 millions de francs guinéens », résume le conseiller.
À cela s’ajoutent d’importantes contributions en nature, soit 530 sacs de ciment, l’équivalent de 26,5 tonnes, répartis comme suit :
100 sacs chacun de la part des sages de la communauté Kissia, de la société Sonit Pêche et de Balla Keita (hôtel Rama) ;
50 sacs du collectif des 24 conseils de quartiers ;
50 sacs de l’homme d’affaires Laye Sacko ;
60 sacs donnés par Dr. Mohamed Nabé (ARP) ;
40 sacs de l’hôtel Zéphyr ;
20 sacs de l’association RADEJEK ;
10 sacs de la supérette Faramaya.
Face à l’absence de progrès sur le terrain, malgré ces ressources, les conseillers annoncent leur intention de porter l’affaire devant la justice: « Dans les prochains jours, nous comptons saisir la justice pour que la lumière soit faite », affirme t-il.
Contactée par notre rédaction, la préfecture de Kissidougou, citée dans cette affaire, a indiqué qu’elle livrera sa version des faits. Une promesse attendue avec impatience par une population de plus en plus préoccupée par cette gestion controversée.
Amadou Diallo














