Le retrait de la Guinée du tournoi féminin U17 de la Zone UFOA A, qui se déroule du 14 au 28 septembre 2025 au Libéria, continue de susciter indignation et incompréhension. Parmi les voix les plus critiques, celle de l’ancien international guinéen Aboul Karim Bangoura, dit AKB, qui dénonce avec fermeté une décision « injustifiable » de la Fédération guinéenne de football (Feguifoot).
« Pourquoi priver notre équipe nationale U17 féminine, qui avait pourtant entamé sa préparation ? C’est une aberration totale », a-t-il fustigé.
Pour l’ex-défenseur du Syli national, rien ne justifie un tel désistement, d’autant plus que la CAF et la FIFA financent prioritairement le développement du football féminin et des jeunes catégories. Selon lui, les ressources existent, et il est hors de question d’évoquer un prétendu manque de moyens.
AKB rappelle par ailleurs qu’au récent match du Syli A contre l’Algérie au Maroc, « presque tout le Comex était présent à Rabat : le Secrétaire général, son adjoint, des administrateurs… Pour faire quoi exactement ? ».
Cette décision, estime-t-il, met en lumière des incohérences plus profondes au sein de la Feguifoot. Quelles actions concrètes sont menées pour le développement du football en Guinée ? Où en est-on sur les infrastructures, la formation des cadres, entraîneurs, arbitres, médecins et dirigeants ? Comment sont gérées les subventions CAF/FIFA, les partenariats privés (comme celui avec Orange) et l’apport financier massif de l’État, qui prend en charge 80 à 90 % des dépenses (transports, hébergements, salaires, primes, équipements) ?
L’ancien sociétaire du Syli national appelle à un sursaut de responsabilité et de transparence. « En tant que citoyens et amoureux du football, nous avons le droit et même le devoir de demander des comptes. Ce football appartient au peuple. Il touche la jeunesse, il fédère toutes les couches sociales et il est un vecteur de cohésion », martèle-t-il.
AKB interpelle directement les autorités politiques compétentes : « Il est temps de s’intéresser à la gouvernance de la Feguifoot. Il est temps de demander des comptes. Il est temps d’agir pour préserver l’avenir de notre football et de notre jeunesse. »
Pour l’ex-défenseur, la Guinée ne manque pas de talents. Le problème se situe ailleurs : « Ce n’est pas le potentiel qui manque, c’est la volonté et la bonne gestion. Le retrait de cette équipe U17 est une alerte de plus. Ne la balayons pas sous le tapis », avertit-il.
Mohamed Béné Barry














