La capitale guinéenne continue de traverser une crise de liquidités sans précédent. Depuis pratiquement deux mois, retirer de l’argent, que ce soit dans les banques ou via les services de monnaie électronique, relève d’un véritable parcours du combattant pour les citoyens.
La situation n’épargne pas les acteurs du mobile money. À la Tanerie, Fodé Moussa Traoré a dû fermer son kiosque Orange Money: « Je ne peux plus faire le déplacement tous les jours depuis Tombolia pour revenir les mains vides. Mon plafond est limité à 2 millions de francs guinéens. Mon fournisseur ne répond plus », déplore-t-il.
Maimouna Tall, vendeuse au marché Cosa, a cessé d’utiliser son compte Orange Money: « Tu peux retirer 200. 000 ou 300.000 GNF, mais si tu veux plus d’un million, il faut marcher dans tout le quartier. C’est épuisant », confie-t-elle.
À Lambanyi, autour d’un repas, des chauffeurs dénoncent eux aussi les blocages. Maître Oumar Diallo raconte: « Depuis août, je ne dépose plus rien sur mon compte. À Labé, ma femme n’a même pas pu retirer 15 000 GNF. »
Saliou Barry, lui, tente en vain depuis une semaine de retirer 7 millions GNF pour une urgence familiale: « C’est impossible, je tourne en rond », se plaint-il.
Malgré l’annonce récente de l’arrivée d’un conteneur de liquidités, aucune amélioration notable n’est perceptible. La confiance des citoyens s’effrite, et l’économie informelle prend le relais d’un système bancaire asphyxié.
Amadou Diallo














