La capitale guinéenne s’anime ce jeudi à l’occasion du 67ᵉ anniversaire de l’indépendance nationale. Depuis les premières heures, une effervescence populaire inédite envelope la ville. Klaxons, sifflets, vuvuzelas et tambours résonnent, mêlés aux chants patriotiques, donnant à la ville des allures de carnaval populaire.
Dans les grandes artères, le rouge, jaune et vert domine le décor : drapeaux accrochés aux véhicules, maisons ornées de bannières, foulards et t-shirts aux couleurs nationales. De nombreux jeunes, et même des familles entières, se sont vêtus aux couleurs du pays, affichant des tenues originales qui attirent les regards et déclenchent les applaudissements des passants.
A Cosa, dans la commune de Ratoma, comme à la Tannerie dans Matoto, les motos circulent en cortèges bruyants, klaxons appuyés à fond, tandis que des groupes de jeunes agitent des drapeaux et soufflent dans leurs vuvuzelas. Même ambiance du côté d’Enco 5 et de Bambéto, où les rues se transforment en véritables scènes de fête improvisée.
« C’est un jour spécial pour nous, on doit montrer notre amour pour la Guinée », nius confie Mamadou Tahirou Barry, un jeune vêtu d’un boubou rouge-jaune-vert, un large drapeau sur les épaules.
Cependant, derrière cette liesse, une autre réalité s’impose. Certains habitants, inquiets des cortèges motorisés anarchiques, des attroupements massifs et du vacarme incessant, ont préféré rester cloîtrés chez eux par crainte d’accidents ou de débordements.
Entre patriotisme débordant dans les rues et célébration plus discrète dans les foyers, Conakry vit ainsi ce 2 octobre à deux vitesses : celle d’une fête populaire pleine de couleurs et celle d’une prudence silencieuse.
AOB














