La Guinée s’apprête à démobiliser progressivement plus de 55 000 travailleurs ayant œuvré sur le gigantesque projet minier de Simandou. L’annonce a été faite ce mercredi par le ministre du Budget, Facinet Sylla, lors d’une journée de réflexion dédiée à la souveraineté économique nationale.
Face à ce tournant majeur, le ministre a lancé un appel fort au secteur privé : « Pendant plus de quatre ans, ces compatriotes ont acquis des compétences précieuses, opéré selon des standards internationaux élevés. Que peut faire le secteur privé pour les absorber ? » s’est-il interrogé devant un parterre d’acteurs économiques.
Au-delà de la question de l’emploi, l’enjeu concerne également le sort des équipements utilisés dans le cadre du projet. Engins lourds, tracteurs et autres machines demeurent en Guinée, propriété partagée avec l’État. Un patrimoine logistique que le gouvernement souhaite voir réemployé efficacement. « Si le secteur privé ne peut pas les utiliser, ils finiront à la rouille », a prévenu le ministre.
Deux défis se posent donc avec urgence : réintégrer la main-d’œuvre qualifiée issue du projet Simandou et réutiliser les équipements industriels sur d’autres chantiers stratégiques.
Le gouvernement, de son côté, entend assumer ses responsabilités. Infrastructures routières, cadre juridique renforcé, et environnement assaini, figurent parmi les priorités annoncées. « Ce n’est qu’à travers une synergie constructive entre l’État et le secteur privé que nous pourrons asseoir notre souveraineté économique », a conclu Facinet Sylla.
Le sort des milliers de travailleurs formés, ainsi que la valorisation des acquis logistiques de Simandou, s’imposent désormais comme un véritable test de coordination nationale pour un développement durable.
Aboubacar Sidiki Camara














