La mort de Mamadou Garanké Diallo, jeune Guinéen de 21 ans décédé mi septembre, provoque une vive émotion en France. Apprenti boucher à Darnétal, près de Rouen, il a perdu la vie à Loon-Plage, dans le Nord, alors qu’il tentait de rejoindre l’Angleterre. Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), il a été percuté par un camion.
Arrivé en France alors qu’il était encore mineur, Mamadou était apprécié de tous pour son sérieux et son courage. « Je lui avais proposé un CDI, il voulait simplement travailler et vivre dignement. C’est la politique qui l’a tué », déplore son employeur, bouleversé.
Le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, a lui aussi réagi avec colère. « C’est une tragédie absolue. Mamadou était bien intégré, respecté. Si l’État l’avait régularisé, il serait encore en vie. C’est la politique qui l’a tué », accuse-t-il, pointant du doigt une politique migratoire « inhumaine » et « absurde ».
Autour de lui, la tristesse se mêle à l’indignation. « La France l’a forcé à partir », témoigne Koura, sa “maman de cœur”. Déjà visé par une première OQTF en 2023, Mamadou avait bénéficié d’un sursis grâce à une mobilisation locale. Mais la mesure a été réactivée cette année, ruinant ses espoirs de rester. Craignant une expulsion, il a tenté de rejoindre l’Angleterre, sans jamais atteindre sa destination.
En France, beaucoup dénoncent un drame évitable et une politique qui, selon eux, brise des vies au lieu de les protéger.
Mohamed Béné Barry














