El Hadj Mamadi Iva Sanoh, président de la délégation spéciale, Mamadi Mansaré, vice-président, Moussa Kourouma, secrétaire général, et Michel Kamano, receveur, ont regagné leur domicile respectif ce mardi 7 octobre 2025.
Les quatre responsables de la commune de Kissidougou sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, concussion et complicité. Placés sous mandat de dépôt depuis mercredi dernier, ils ont été libérés provisoirement ce mardi. Selon le parquet, cette décision tient compte de l’état de santé du président de la délégation spéciale et de la nécessité d’une expertise comptable approfondie dans cette affaire.
Quelques minutes après leur remise en liberté, nous avons joint l’un des conseillers à l’origine du mémorandum ayant déclenché cette procédure. Il s’agit d’Ansoumane Mory Mara, qui nous livre leur première réaction : « Pour le moment, nous suivons le procès de très près. Nous n’avons jamais voulu quand même les envoyer devant un tribunal. Nous, on a voulu que le problème soit géré administrativement. Mais le procureur, qui s’est donc auto-saisi, et les deux jours du procès, ont démontré quand même que nous avons eu raison de rédiger ce mémo-là. Parce qu’aujourd’hui, nous sommes fiers de constater que le parquet se fonde sur les informations contenues dans notre mémorandum, non seulement pour enclencher les poursuites, mais aussi surtout pour poser des questions. Donc pour nous, nous avons fait un travail qui n’est pas mis à l’eau. Même si nous sommes peinés quand même de les voir derrière la barre, l’opinion publique, quand même, est de plus en plus éclairée »
Pour ce conseiller à la base du mémorandum, ce procès dépasse désormais le simple cadre judiciaire. Il y voit une leçon d’éthique et de gouvernance locale : « C’est désormais un message envoyé à tout administrateur. Et de l’autre côté, nos sentiments aussi sont que ce procès est en train de devenir un procès d’éducation à la gouvernance locale. C’est qu’à travers ce procès aujourd’hui, les contribuables, les citoyens, mais aussi les gouvernants, sont en train de comprendre que la chose publique est sacrée, et que la gouvernance locale doit obéir à des règles, mais aussi à une certaine morale. »
Sur le terrain, la commune de Kissidougou est quasiment à l’arrêt: « Nous sommes à la commune, mais quand nous venons à la commune, c’est juste pour venir. Sinon, aujourd’hui, la commune de Kissidougou, elle est fermée. Elle est fermée en ce sens qu’il n’y a ni maire, ni vice-maire, il n’y a pas aussi de secrétaire général, ni de receveur. Leur mise en liberté, c’est seulement ce matin ; ils viennent de regagner la maison.»
En attendant le verdict du tribunal de première instance de Kissidougou, les sept conseillers à l’origine du mémorandum maintiennent leur position. «Même s’ils reprennent, pour l’instant, nous ne pourrons pas collaborer avec eux. Et nous assumons cette position-là, jusqu’à la fin de la procédure.»
Amadou Diallo














