La crise d’approvisionnement en carburant provoque une flambée des prix des transports en commun à Conakry, ce mercredi 8 octobre 2025.
Depuis la nuit dernière, de nombreux chauffeurs de taxi et de tricycles ont plus que doublé leurs tarifs habituels. À certains endroits, comme en face de l’université de Sonfonia, le tronçon vers Lambanyi se négocie désormais à 5 000 GNF, contre 2 500 GNF auparavant.
Cette hausse soudaine suscite un profond mécontentement chez les usagers. Mamoudouba Doré, visiblement excédé, témoigne: « C’est devenu insupportable ce matin pour moi. D’habitude, je paye 2 500 fg, mais ce matin on me demande 5 000 fg. Entre l’université et Lambanyi, je ne comprends, car moi-même dans notre quartier ici à Sonfonia centre, on a vendu un litre tiré d’une moto à 22 000 fg », déplore-t-il.
Au centre commercial de Lambanyi, la situation n’est guère différente. Les motards réclament désormais 5 000 GNF pour un simple trajet jusqu’à une pharmacie, contre 3 000 GNF habituellement. Ibrahima Diallo, vendeur dans une boutique de vêtements, s’en étonne: « Mais le jeune, il me connaît bien. Nous sommes ensemble tous les jours. Il prend même le thé devant ma boutique. Ce n’est pas lui aussi, c’est la situation du moment. Espérons que ça va finir d’ici le soir, sinon demain je préfère marcher, car ce n’est pas loin », précise-t-il.
La hausse des tarifs touche également d’autres axes stratégiques de la capitale. De Lambanyi à Nongo Carrefour, le prix d’un trajet en moto-taxi est passé de 10 000 à 15 000 GNF. Les conducteurs justifient cette augmentation par l’explosion du prix du carburant sur le marché noir et la difficulté d’approvisionnement dans les stations-service: « Nous sommes obligés d’acheter le carburant à prix d’or pour pouvoir travailler. Moi, j’ai gagné un litre à 17 000 fg cette nuit. Mon ami à côté vient d’arriver, il a eu deux litres à 40 000 fg ce matin », explique Naby Laye Samoura, chauffeur de taxi-moto.
Amadou Diallo














