La Haute Autorité de la Communication (HAC) a célébré ce mercredi 29 octobre 2025 le 33ème anniversaire de sa création, au siège de l’institution au Palais du 25 Août à Kaloum. Placée sous le haut patronage du Premier ministre, Amadou Oury Bah, cette cérémonie commémorative a réuni plusieurs figures marquantes de la presse et de la régulation des médias en Guinée.
Une cérémonie riche en symboles et en mémoire
L’événement a débuté par la projection d’un film documentaire retraçant l’histoire de la HAC, autrefois appelée Conseil national de la Communication (CNC). Une rétrospective émouvante qui a replongé le public dans les premières heures de la régulation médiatique guinéenne.
Autour du président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo, on notait la présence du Premier ministre Amadou Oury Bah, du président du Conseil national de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, l’ancien ministre Kiridi Bangoura, ainsi que d’anciens membres du CNC, dont Mohamed Mounir Camara et Kalifa Condé. Tous ont partagé souvenirs, anecdotes et réflexions sur le parcours souvent tumultueux de la presse nationale.
Boubacar Yacine Diallo : « Il faut écrire l’histoire de la presse guinéenne »

Dans son discours, le président de la HAC a livré un vibrant plaidoyer pour la mémoire institutionnelle de la presse. Il a rappelé que la liberté d’expression en Guinée a été conquise de haute lutte, citant des acteurs souvent oubliés tels qu’Hervé Vincent Bangoura, Thierry Dibangoura, Bah Ousmane, ou encore Aïssatou Bella Diallo.
« Ce n’était pas un journaliste, mais un policier. Pourtant, c’est lui, Hervé Vincent Bangoura, qui a rêvé d’organiser les premières Journées de l’Information », a-t-il souligné, avant de retracer les grandes étapes de la libéralisation de l’espace audiovisuel guinéen, initiée sous le régime du général Lansana Conté.
Boubacar Yacine Diallo a également salué l’attitude du président Mamadi Doumbouya, qui a permis à la HAC de poursuivre ses activités malgré la dissolution des institutions à l’arrivée du CNRD au pouvoir.
« Si vous vous retrouvez aujourd’hui dans ces locaux modernes, c’est parce que le président l’a voulu », a-t-il ajouté, avant de rendre hommage aux pionniers du CNC et aux figures disparues comme Émile Tonpapa, Sékou Kaba ou Jérôme Dramou.
Dansa Kourouma : « Une nouvelle ère pour la régulation médiatique »

Prenant la parole à son tour, le président du CNT, Dr Dansa Kourouma, a replacé la célébration dans le contexte de la transition en cours et de la préparation des futures élections présidentielles.
« Ce n’est pas la grandeur de la fête qu’il faut regarder, mais son caractère symbolique », a-t-il affirmé, avant d’annoncer que la nouvelle Constitution du 21 septembre 2025 consacre la mutation de la HAC en Commission nationale de régulation de la communication et de l’audiovisuel.
Cette future institution, a-t-il précisé, aura des compétences élargies, incluant la supervision de l’espace numérique et des réseaux sociaux, un enjeu majeur à l’ère des technologies et de la désinformation.
« La HAC devient une belle dame mature qui a besoin d’un beau mari. Et M. le Premier ministre est bien placé pour se marier avec cette belle dame », a-t-il lancé avec humour, provoquant les rires de l’assistance.
Amadou Oury Bah : « La régulation devient un enjeu stratégique et sécuritaire »

Clôturant la série d’allocutions, le Premier ministre Amadou Oury Bah a salué l’initiative de cette commémoration et l’engagement des acteurs du secteur.
« Merci pour cette organisation, qui rend hommage à tous ceux qui ont bâti cette institution. Cela permet à la nouvelle génération de se rattacher à ceux qui ont lutté pour qu’on en arrive là », a-t-il déclaré.
Évoquant les mutations du monde médiatique, le chef du gouvernement a insisté sur la dimension stratégique de la régulation à l’ère des réseaux sociaux et des guerres informationnelles. « Clausewitz disait : la guerre psychologique est la première étape de la guerre. Cette guerre se mène aujourd’hui à travers la communication. D’où la nécessité d’une régulation adaptée aux nouveaux défis », a-t-il affirmé.
Le Premier ministre a également évoqué l’importance de renforcer les maisons de la presse régionales, pour garantir un accès équitable à l’information et lutter contre la manipulation. « Il faut permettre à la population d’avoir une information objective et exhaustive, afin d’éviter la manipulation », a-t-il plaidé, tout en promettant l’accompagnement du gouvernement à la HAC et aux médias dans leur mission.
Une célébration entre hommage et transmission
La cérémonie du 33ème anniversaire de la HAC s’est achevée dans une ambiance de fierté et de reconnaissance. Les anciens et les actuels acteurs de la régulation se sont retrouvés autour d’un même idéal : faire de la liberté de la presse et de la responsabilité médiatique les piliers de la démocratie guinéenne.
Entre mémoire du passé, hommage aux pionniers et ouverture sur les défis du numérique, cette journée a rappelé que la régulation des médias demeure un enjeu central de la gouvernance et du vivre-ensemble en Guinée.
Mohamed Béné Barry














